La révolte de la veuve (Tiɣri n tağğalt)

Lounès Matoub (1956-1998) – KABYLIE (Algérie)

Galette_de_blé_de_Kabylie_(Algérie) (1)

A yettseggix wul-iw
A ijeffel ɣef win i t-yeğğan
D wagi i d ẓẓehr-iw
Ad ğğleɣ ur d-yebb°iḍ lawan
A gma ur k-ttayseɣ
Xas zewğeɣ
A k-id-ttaddren wuḍan
Muḥal a t-ḥemmleɣ
Akken i k-ḥemmleɣ
Di sin i ɣ-cerḍen wussan

Udem-ik muḥal a gma ad yesfeḍ
Xas zzman agi ad i-yeṛkeḍ
Ḥṣu ur d-ttaddreɣ wayeḍ
Siwa s tmara
Xas ger wallen-iw assa tɣabeḍ
Deg wul-iw mazal-ik teddreḍ
Ayen yak° i diyi-d-txulfeḍ
Ur s-zmireɣ ara
Yiss-ek i zehhuɣ
Assa ttruɣ
Allen-iw ur nneḥtament ara
Akka ara ttṛağuɣ
Melmi ara n-rnuɣ
An-nemyekkes lweḥc uẓekka

Ṭṭṣen waman ak° d yesɣaren
Ggummant ad medlent wallen
Yir ussan i yi-d-yemmalen
Ur sen-zmireɣ ara
Tasa-w tebḍa ak° d icriḥen
A neffqent seg-s lemḥayen
Ulac tin i tt-izeglen
A tneggi tekfa
At-tεeddint leεyud
Ul-iw yeffud
Ṣṣber fell-i ur d-isteqsa
A Ṛebbi lmeεbud
Rnu-d ṛṛεud
D wayen ak° yeɣlebn aya

Traduction et adaptation de Yalla Sediki

Mon cœur roule en crue, s’éboule;
Il s’affole pour son défunt aimé.
C’était donc là mon destin,
Je devais être veuve, avant mon heure.
Frère, à toi je ne renonce pas,
Même unie à un autre homme,
Tu envoûteras mes nuits,
Jamais je n’aimerai
Comme je t’ai aimé:
Nous fûmes tatoués par la même infortune.

Ton visage est en moi à jamais:
Le temps dût-il me fouler aux boues,
Sache que je n’évoquerai le nom de nul autre,
Sinon dans la contrainte.
Si aujourd’hui tu es aboli de mes yeux,
En mon cœur tu es toujours vivant;
Les séquelles que tu opposes à mes vœux,
Je ne puis les affronter.
Tu étais pour moi toute joie et tout plaisir;
Aujourd’hui je suis en larmes;
Mes yeux demeurent incrédules:
C’est ainsi que je guetterai
Le moment où je me joindrai à toi
Pour ensemble vaincre l’effroi de la tombe.

Paisibles sont l’eau et les rameaux;
Mes yeux sont à l’insomnie.
Les jours de l’infortune qui m’échoient,
Je ne puis pas les vaincre.
Sur mon corps tailladé, lardé
Se répandent les épreuves,
Elles l’ont rendu leur proie inéluctable.
Le voici s’égouttant dans la prostration.
Les festivités se succèdent,
Mais la soif torture mon cœur
Et toute patience m’a abandonnée.
Dieu tout-puissant ! Je te défie:
À tout cela ajoute foudre et tonnerre
Et des forces plus néfastes encore…

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Pour écouter la chanson, cliquez ici.

 

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