Aly Baba Faye devient partenaire d’AFROpoésie!

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Je m’appelle Aly Baba Faye, je suis né le 22 Août 1961 à Rufisque (Sénégal).
J’ai fait mes études primaires à l’École d’Application de Rufisque puis au Lycée Abdoulaye Sadji de Rufisque où j’ai eu mon Bac A3 (Humanisme et littérature).
Ensuite j’ai entamé mes études supérieures à la Faculté des Sciences Juridiques de l’Université de Dakar (actuelle Université Cheikh Anta Diop).
Après l’obtention d’une bourse d’étude, j’ai quitté l’Université après 3 ans pour l’Italie où je réside depuis 1984. Je suis titulaire d’un Doctorat en Sociologie obtenu à l’Université « La Sapienza » de Rome.
Ma passion pour la poésie dérive de mes études littéraires et surtout de mon adoration pour les poètes sénégalais (David Diop, Birago Diop, et Léopold Sédar Senghor).
J’ai commencé a écrire des poèmes en wolof pour la troupe théâtrale de notre association de quartier (Ndefaan) à Rufisque.
Cette passion pour la poésie s’est consolidée le long mon séjour en Italie, un pays de poètes. En effet, j’ai beaucoup écris en langue italienne. Jusqu’ici je n’ai pas décidé de publier mon recueil de poèmes.
Je suis venu vers ce site sur le signalement d’un ami, partenaire d’AFROpoésie: Marcel Xavier Venn.

 

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La nuit lucidifiée

Combilé Djikine dite Noks (1992-) – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE/MALI

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Photo © Justin Makangara

Dans les nuits éternelles

Poudrées d’étoiles lisses,

Mon âme est belle, belle :

Je l’entends, qui se glisse

Contre l’arcade émue

Du ciel doux, enchanté,

Dont le ventre velu

Rebondit de gaieté.

La langueur de l’espace

Aux quartiles du temps

Est un brin que j’enlace,

Que je suis, dans le vent –

Et les paumes de l’aube

Retourneront leurs griffes,

Et les paumes de l’aube

Suivront le vent lascif…

Au murmure des nuits

Parsemées du mystère,

Mon âme est dans le puits

De l’abîme lunaire

Au vestige inouï :

 

L’Art, fantôme gracieux,

Déroulant l’infini

Et y jetant mes yeux !

 

04.05.2017

Combilé Djikine devient partenaire d’AFROpoésie!

Noks Afropoésie

« Un goût d’encens vient chuter sur ma lèvre ; c’est cannelle, sucré, un peu aigre quelques fois, citron vert – ça voltige et caresse, pour se poser ensuite sur la peau, les nerfs, l’âme. Profondément. Comme je veux que mon poème touche ». Ces paroles ont coulé de mon rêve, une nuit. Depuis, je les conserve auprès de moi, en un flacon qui vient se frotter sur ma peau, à chacun de mes pas dansés.
C’est une caresse qui m’habite depuis l’année 2004, soit douze ans après mon extraction hors du vagin maternel, précisément le 20.04.1992, et qui continue de prendre possession de moi.

D’abord, dans ma prime enfance exaltée, ce fut une caresse cathartique – beaucoup de choses commencent comme cela – : j’écrivais des venins, des mots crachés, des paroles de pierre, brutes et acides ; j’écrivais pour guérir. Bien vite je découvris la puissance du verbe et son fond mystique, abscons, à refaire.

Je malaxais alors des pâtes, informes il faut dire, des mots que je trouvais dans ma mémoire du présent, jusqu’à en saigner dans mes nuits. Je souffrais pour l’écriture, et non plus par l’écriture ! et c’était une jouissance douce et perfide. Le charme m’ensorcela. Je créai autour de mon existence un espace par lequel je pusse me mouvoir pour souffler quelques belles paroles.

Aujourd’hui encore je tente de construire mes jours autour de ces caresses volages, indisciplinées, recelant l’un des plus vrais trésors que je sais : la Poésie.

Originaire du Mali, j’ai en réalité encore peu fréquenté ce pays, ayant passé mon temps à vagabonder – en cherchant des vers – dans les contrées françaises, notamment à Paris, ville où je naquis. Mes parents m’ont appelé Combilé Djikine, et je m’appelle Noks. Néanmoins riche d’une double identité culturelle et linguistique, je ne cesse, davantage maintenant, de questionner le fond de cette identité, et surtout de son lien avec l’art littéraire.

J’ai proposé mes textes à des revues : Zone critique, Infusion, Le Club des Poètes Sauvages ; à des plateformes informatiques : Oniris ; et récité des textes sur des scènes littéraires : Kitsch’n’bar (Strasbourg), La faute aux Ours (Lyon), Club des Poètes (Paris).

J’ai maintenant le projet d’une création commune poétique, à travers une revue. J’ai aussi le désir, comme bien des gens, de publier des livres !

Cela s’est un peu fait : Les envers, paru en Janvier 2017.

Je souhaite que ce ne soit que le début de l’aventure littéraire

Patricia Ambassa devient partenaire d’AFROpoésie pour le compte de son père, Jean Ambassa.

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(Biographie réalisée par sa fille)

Né le 03 octobre 1939 à Yaoundé au Cameroun et décédé le 12 avril 1987,  Jean AMBASSA DEGUILLAMARD, aîné d’une famille nombreuse, père de cinq enfants, un garçon et quatre  filles  dont deux décédées, était un homme pittoresque et très disponible pour  sa famille, ses amis et de tout son entourage.

Après de longues études sanctionnées par plusieurs diplômes, il s’engage dans la vie nationale active, comme journaliste, écrivain, enseignant et cadre dévoué à la Direction des affaires culturelles. Il devient rédacteur et contribue à la fondation et au développement de l’un des premiers journaux privés de son pays: « l’Effort Camerounais », qui fait encore aujourd’hui la fierté de ses concitoyens.

Blasé par la conjoncture particulièrement difficile de l’époque, il est attiré par l’enseignement et ce ne sont pas ses anciens élèves, devenus de grands responsables de l’administration camerounaise, qui le démentiront.

Jean Ambassa, grand orateur invétéré, avec sa voix sonore qui ralliait tout le monde, était aussi écrivain.  Depuis sa carrière  journalistique, éducatrice  jusqu’à sa prestation à la Direction des affaires culturelles comme cadre dévoué, doué d’esprit d’initiative, disponible et efficace, il excellait dans la poésie, le théâtre et le roman.

Les titres tels que :

« Général Cabral »,  pièce de théâtre qu’il n’a pas pu publier à cause de sa disparition brutale, mais qui a  été mise en scène au théâtre au Cameroun.  Une fois en 1973 et une deuxième fois en 1975. Il avait rédigé cette tragédie alors qu’il enseignait au lycée de Mokolo dans le Nord du Cameroun. Il entendait répondre à l’invitation du ministre  de l’Information et de la Culture de l’époque, conviant les Camerounais à écrire des œuvres capables d’être jouées au Festival des arts nègres de Lagos au Nigéria. Il n’avait pas présenté son travail afin d’éviter la mauvaise concurrence.

« Kafary », roman primé par le ministère de l’Information et de la Culture du Cameroun.

« Les Fleurs d’Ada », recueil de 26 poèmes. Pour commander cet ouvrage, cliquez ici!

Couverture

Ces trois œuvres marqueront son passage dans l’écriture.

Jean Ambassa Déguillamard était, quelques temps avant sa mort, handicapé. Il a même été élu secrétaire général de La FENAHCAM (Fédération Nationale des Associations des Handicapés du Cameroun). Amputé d’une  jambe, Jean Ambassa s’était mis à la disposition des malades physiques et mentaux. On peut noter ses nombreuses interventions auprès des malades. C’était un véritable sacerdoce.

Malgré ses nombreux problèmes de santé et mésaventures, Jean Ambassa avait une  philosophie de vie qui ne laissait  aucun événement aussi douloureux qu’il soit  ternir sa vision des choses.

Il ne cessait d’édifier chaque jour à ses collègues, élèves et étudiants des conseils et surtout des notes d’humour.

De nombreuses  anecdotes racontées par les membres de la famille, amis et collègues font encore rire aujourd’hui.

Jean Ambassa  Déguillamard  était un très grand amoureux de la langue française  et  détenait l’art et la  manière de formuler les mots avec une certaine aisance. L’écriture lui a permis de s’exprimer sur ses convictions, les valeurs de la vie et surtout sur la condition humaine. À travers ses écrits, on comprendra au fur et à mesure des poèmes comment il a toujours su relativiser face à chaque situation malheureuse de sa vie et minimiser ses souffrances. C’est dans cet esprit que je voudrais partager avec les lecteurs d’AFROpoésie le contenu de ce recueil.

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Née le 6 mai 1968 à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso et de nationalité française, je suis passionnée par l’écriture.

Deuxième fille de Jean Ambassa, je me dois -à sa demande- de partager ses écrits avec le plus grand nombre. Comme mon père le disait si bien :

« Le savoir ne vaut pas grand-chose s’il n’est ni transmis, ni partagé ».

Madagascar : le haut verbe du poète Jean-Joseph Rabearivelo

Article de Khaled Elraz à retrouver sur le site de notre partenaire AFRIK.COM

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220px-Jean-Joseph_RabeariveloLe premier poète africain moderne de langue française est malgache : Jean-Joseph Rabearivelo naît sous le nom de Joseph-Casimir Rabe (du nom des deux saints relatifs aux mois et jour de sa naissance : Joseph et Casimir) le 4 mars 1901, 1902, 1903 ou 1904 dans la clinique du docteur Villette à Isoraka, quartier du nord de la capitale Tananarive (aujourd’hui Antananarivo).

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Moins de cinq ans plus tôt, Madagascar était devenue une colonie française sous le nom de colonie de Madagascar et dépendances.

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Sa mère, Rabozivelo, appartenait à l’ethnie des mérinas et plus précisément à la caste des hovas (les roturiers de rang élevé) de religion protestante. En effet, originaire d’Ambatofotsy tout comme le père naturel de Jean-Joseph Rabearivelo, elle descendait de la caste noble des Zanadralambo (famille se prétendant descendant du souverain Ralambo qui régna sur le royaume de Madagascar de 1575 à 1610).

Anciens grands propriétaires fonciers, sa famille est ruinée par les bouleversements introduits par la colonisation (notamment l’abolition de l’esclavage traditionnel) et Rabozivelo doit vendre les quelques rizières et bijoux qu’elle possède encore pour permettre à son unique fils de s’acheter des livres.

En 1924 il se fit correcteur à l’Imprimerie de l’Imerina ; il y travailla bénévolement les deux premières années, et garda ce travail mal payé jusqu’à sa mort. Il est vrai que cette maison publia plusieurs de ses ouvrages en tirage limité. En 1926, Rabearivelo épousa Mary Marguerite Razafitrimo, fille d’un photographe, avec qui il eut cinq enfants. Toute sa vie il fut endetté : ses finances eurent à concilier bas salaires, passion du jeu, achats de livres et addiction à l’opium.

Lecteur vorace et autodidacte, il publia des anthologies de poésie malgache et collabora à deux revues littéraires, 18 Latitude Sud et Capricorne. Au soir du 23 juin 1937, après avoir envoyé diverses lettres d’adieu, il se suicida au cyanure, notant ses derniers moments dans le dernier de ses Calepins Bleus, un journal de 1800 pages environ. Des quelque 20 volumes qu’il produisit, notamment de poésie, théâtre, roman et critique littéraire, la moitié restait inédite à sa mort.

Son œuvre montre une affinité à la fois avec les poètes symbolistes et surréalistes, tout en restant fortement enracinée dans la géographie et le folklore de Madagascar. Il se sentait également français et malgache, mais il lui fut refusé toute occasion d’aller travailler et vivre à Paris. Ce désespoir fut l’un des motifs de son suicide en 1937.

Ecoutons sa haute parole, comme nous invite à le faire AFROpoésie…

TONONKIRA

Il est des pensées que fait jaillir la nuit,

épaves de pirogues qui ne peuvent se dégager des flots ;

il est des pensées qui n’arrivent pas à se hausser

jusqu’aux lèvres et qui ne sont qu’intérieures.

Épaves de pirogues perdues loin des bancs de sable,

qui se charrient simplement près du golfe.

Devant, l’on voit une terre désertique,

et derrière, l’océan infini.

Ô mes pensées, quand naît la lune,

et que tout ce qui se voit paraît boire les étoiles !

Ô mes pensées, liées, enlacées,

épaves d’une pirogue aventureuse qui n’a pas réussi,

vous êtes suscitées en un moment suave

puisque déjà se repose aux limites de la vue

tout ce que nous croyons être l’univers,

et qui est le prolongement d’Iarive-la-sereine ;

en un moment de paix, en un moment de bonheur :

il siérait bien que s’élevât du fond du cœur

le plus beau chant, le chant qui dit

la dernière élégie, la fin du sanglot.

 

TONONKIRA (Texte malgache – traduction de l’auteur)

 

Misy eritreritra atopatopan’ alina

Vakivakim-botry tsy tafavoaky ny onja

Misy eritreritra tsy afaka miarina

Ho tonga eo am-bava, fa ao anaty monja

Vakivakim-botry tsy tody tora-pasika

Mivalombalom-poana ery am-binanin-drano

Jerena ny eny aloha, tany midadasika ;

Ny eo aoriana kosa ranobe manganohano

O ry eritreritro rahefa tera-bolana

Ka toa misotro kintana izato zavatra hita !

O ry eritreritro mifatotra, miolana,

Vakivakim-botry nandeha fa tsy tafita !

Fotoana mamy loatra no ahaterahanao,

Fa efa miala voly ery ampara-maso

Izay rehetra inoantsika ho izao tontolo izao

Dia ny tohin’ ny eto Iarivo madio mangasohaso

Fotoanam-pahatoriana, fotoam-pahasambarana ;

Mety raha misandratra avy ao anaty foko,

Ny hira tsara indrindra, ny hira izay hamarana

Ny fara-vetsovetso, ny faran’ ny toloko…

 

 

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L’instant

Kodjo Agbemele (1987-) – Partenaire d’AFROpoésie – TOGO

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Voyager par bus ou par train

C’est pour une fois

Se taire et écouter le paysage

Le chant des fleuves

Qui flirtent avec les berges fourbies

La mélodie sans cor des corbeaux

Le silence des cygnes dans le signe des regards

 

Les nuages fumés et lourds

Caressent les cheveux des montagnes

Le rocher entaillé tel nos rêves

Laisse échapper le serpent bitumé

Qui se déroule tout seul

Dans le vert du terroir

Tels décollent les vers de ma poésie

 

Les tas de joie des cultivateurs

Disposés au seuil de leur sourire

Les arbres filent dans le défilé

Du regard mis à défi de l’incertain

Les cases rondes isolées et éparses

Tachent le paysage de honte

Devant les essaims d’hommes

Chantant le bzz bzz bzz

 

Le lointain se marie avec l’horizon

Rompt avec l’éther éternel

Les modelés tiennent le voile

D’où naissent les talibés têtes rasées

Doigts habiles et langue diseuse de voeux

Regard pâle en quête de sous

Cueillent le sourire dans leur valise

Souhaitent « BON VOYAGE »

 

 

agbemelekodjo1@gmail.com

(00228) 91727462

Mon amour

Eric Joël Edouard BEKALE-ETOUGHET (1968-) – Partenaire d’AFROpoésie – GABON

Rayanne Hertkorn en illustration – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE/NIGER

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Photo © Nicolas Zielinski

Je suis venu à toi

Comme tu es venue à moi

Par une nuit bleue dans la campagne

Par une nuit d’ivresse et de champagne !

 

Nous nous sommes pris à danser

Et puis, tu es entrée dans mes pensées

En fleurissant de joie mon cœur

Tes yeux brillaient de mille lueurs…

 

Tu m’as révélé le bonheur

Le lendemain, dès la première heure

Jurant de ne plus nous quitter

Nous nous sommes promis fidélité !

 

Par un doux baiser, nous avons lié nos destins

Pour suivre ensemble notre instinct

Cette indescriptible sensation qui nous parcoure

Nous étreint et nous enlace pour toujours…

 

Sur tes lèvres, j’ai butiné le pollen

Ce suc d’amour qui fait oublier les peines

Pour moi, tu es plus qu’une fleur de printemps

Une fleur que je veux garder tout le temps !

 

Mon Amour, mon amie, ma vie, ma passion…

Avec toi, je veux connaître toutes les émotions

Nous éloigner d’ici et des lamentations

Pour nous envoler vers le ciel et ses sensations !

 

A Gisèle.  Asnières, mai 1995.

 

Poème

Jean-Joseph Rabearivelo (1903-1937) – MADAGASCAR

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Il est des pensées que fait jaillir la nuit,

épaves de pirogues qui ne peuvent se dégager des flots ;

il est des pensées qui n’arrivent pas à se hausser

jusqu’aux lèvres et qui ne sont qu’intérieures.

 

Épaves de pirogues perdues loin des bancs de sable,

qui se charrient simplement près du golfe.

Devant, l’on voit une terre désertique,

et derrière, l’océan infini.

 

Ô mes pensées, quand naît la lune,

et que tout ce qui se voit paraît boire les étoiles !

Ô mes pensées, liées, enlacées,

épaves d’une pirogue aventureuse qui n’a pas réussi,

 

vous êtes suscitées en un moment suave

puisque déjà se repose aux limites de la vue

tout ce que nous croyons être l’univers,

et qui est le prolongement d’Iarive-la-sereine ;

 

en un moment de paix, en un moment de bonheur :

il siérait bien que s’élevât du fond du cœur

le plus beau chant, le chant qui dit

la dernière élégie, la fin du sanglot.

 

 

TONONKIRA  (Texte malgache – traduction de l’auteur)

 

Misy eritreritra atopatopan’ alina

Vakivakim-botry tsy tafavoaky ny onja

Misy eritreritra tsy afaka miarina

Ho tonga eo am-bava, fa ao anaty monja

 

Vakivakim-botry tsy tody tora-pasika

Mivalombalom-poana ery am-binanin-drano

Jerena ny eny aloha, tany midadasika ;

Ny eo aoriana kosa ranobe manganohano

 

O ry eritreritro rahefa tera-bolana

Ka toa misotro kintana izato zavatra hita !

O ry eritreritro mifatotra, miolana,

Vakivakim-botry nandeha fa tsy tafita !

 

Fotoana mamy loatra no ahaterahanao,

Fa efa miala voly ery ampara-maso

Izay rehetra inoantsika ho izao tontolo izao

Dia ny tohin’ ny eto Iarivo madio mangasohaso

 

Fotoanam-pahatoriana, fotoam-pahasambarana ;

Mety raha misandratra avy ao anaty foko,

Ny hira tsara indrindra, ny hira izay hamarana

Ny fara-vetsovetso, ny faran’ ny toloko…

Ma Négritude

Léopold Sédar Senghor (1906-2001) – SÉNÉGAL

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Photo © Justin Makangara

Ma Négritude point n’est sommeil de la race mais soleil de l’âme, ma négritude vue et vie
Ma Négritude est truelle à la main, est lance au poing
Réécade. Il n’est question de boire, de manger l’instant qui passe
Tant pis si je m’attendris sur les roses du Cap-Vert !
Ma tâche est d’éveiller mon peuple aux futurs flamboyants
Ma joie de créer des images pour le nourrir, ô lumières rythmées de la Parole !

 

Recueil « L’Etudiant noir »

Femme, plante vitale

Balla Fall N’diaye (1993-) – Partenaire d’AFROpoésie – SÉNÉGAL

Rayanne Hertkorn en illustration – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE/NIGER

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Ô ma plante vitale à l’horizon
Des jours roses et doux sous le béton
Sans jamais faner, fantastique
Oscillant les vagues de malheur dramatique
Ô plante vitale étale sans métalliser
Nos cœurs sous l’armada satanique
Ta douceur, ta chaleur, salvatrices de toute ardeur
Abreuve-nous d’amour malgré notre rougeur, notre sueur
Ô plante vitale, femme paradisiaque
Ton regard m’enflamme nuits et jours
Sous les poids conjugués d’âmes sceptiques
Sans goût ni recours et au cœur trop lourd
Femme du salam
Ton cœur rythme mes ballades et slams
Nuits roses s’enflamment
Sous tes couleurs et crèmes
Femme de la chance
Femme de la danse
Ordonnée sans déviance
Femme de la survivance
Incontournable et implacable
Méconnaissable et mystérieuse
Tu es la société
Tu n’es pas la société des malheurs
Tu ne seras jamais
La société du désordre, mais celle de la rigueur
Sans femmes, la société se fane!
Procréation anéantie
Accouchement, galon qui plane
Sur ton image et aiguë talon
Loin des salons du confort
Loin des raccourcis records
Femmes et femmes cultivent gloire et chants dans la campagne
Redressant des murs de désespoir avec seul confort leurs pagnes
Du nord au sud, des femmes encore des femmes
Saucent la lueur sans frayeur
De l’est à l’ouest, des femmes encore des femmes
Redressent la société en toute maturité, rigueur et douceur!