Chez moi

Kodjo Agbemele (1987-) – Partenaire d’AFROpoésie – TOGO

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Photo © Justin Makangara

Chez moi

Nous avons du sourire

Sourire sincère aux lèvres

Porté par des papillons

Sort de nos tripes

 

Chez nous

Nous aimons les autres

Nous aimons les êtres

Prenons soins des hêtres

Pour le bonheur de tous

 

Chez nous

La sauce est farcie de farine

La farine de nos terres

La sauce est épicée

De l’épice de nos champs

 

Chez nous

Grouillent des beautés

Une dame-jeanne d’Aphrodites

Adjo, Abla, Akou, Yawa

Afi, Ami et Kossiwa

 

Leur battement de paupières

Ciel, cymbales vivantes

Emballe vifs vents

Fait déferler la foudre

Hissée au bas du ciel

 

Nos hommes, courageux

Bravent le soleil et la pluie

Sifflotent entre coups de dabas

Leur amour sans ban

Du silence flottant sur le chez-moi

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Ousseynou Thiombiano devient partenaire d’AFROpoésie!

IMG_1916 (1)Né le 16 Avril 1993 à Dakar, je suis un Sénégalais d’origine burkinabè. J’ai eu une passion folle pour la lecture dès le jeune âge. La poésie notamment celle du président-poète Senghor fut une belle trouvaille à la fin de mon cursus de collégien. Je suis le créateur de « Lis tes ratures aux temps TIC » (un groupe de réflexion de plus de 1000 membres sur Facebook), Secrétaire à la rédaction de Sanar University Mag et membre de plusieurs projets associant Tic et culture dans le cadre de collectif d’étudiants nommé Banlieue 13. Je valide actuellement un master en Droit de l’Entreprise à l’université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal.
 Un art du langage qui se caractérise par la mise en jeu de toutes les ressources de la langue (lexicales, syntaxiques, mais aussi sonores et rythmiques) afin de créer pour le lecteur ou l’auditeur un plaisir à la fois intellectuel et sensible. Voilà comment je conçois la poésie. Subjugué par la poésie des grands, je suis un poète ouvert aux quatre vents et se réclamant artistiquement  d’une polyappartenance. En effet, éveiller la mémoire profonde de soi-même et d’autrui, c’est de célébrer l’homme au sens large. Alors, l’auteur que je suis propose un décloisonnement de la dimension Espace-Temps pour parvenir aux symbioses les plus improbables. Ainsi, les divinités gréco-romaines ne se mêlent-elles pas d’audiovisuel et Mame Kumba Bang érigée en une muse dans une poésie « Génération Selfie ». 
Néanmoins, je me veux témoin de mon époque et en cela je prône de sortir  tant soit peu du moule des classiques en allant au défi de nouvelles thématiques qui sont de notre ère. Telle est l’une des responsabilités de la jeune génération. Dans quelle société vit-on ? Ne nous interpelle-t-elle pas, cette société de l’information ?  
Un smartphone, un réseau câblé d’internet, un ordinateur ne troublent pas le tableau pittoresque, toutefois ils sont un changement irréversible dans le regard du poète. Ces Tic transforment le paysage, bousculent les mentalités, modèlent de nouveaux modes de vie et imposent une nouvelle représentation du monde. Il s’agit bien là d’ un sentier peu exploré en littérature subsaharienne d’expression francophone alors que notre société, pas moins qu’ailleurs, est composée d’hominescents (d’hommes épris de technologie), ce qui appelle nécessairement à une litterescence, à un « lyrisme d’ingénieur » pour reprendre les poètes suédois.
De ce fait, l’un des défis de notre génération en poésie est à juste titre de donner aux Tic une profonde signification littéraire tels que le lac, le totem, les masques, le coucher de soleil, l’aube etc.
Ce que j’entreprends dans certains poèmes de mon recueil intitulé De la pluie et du beau temps paru à l’Harmattan-Sénégal.
« Nous deux », « Selfies » et même « Aux temps tic » sont tous autant de poèmes qui évoquent « la métamorphose numérique ». 

La campagne de notre partenaire « Saajie » est lancée!!!

Rayanne Hertkorn (Fondatrice de SAAJIE) – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE/NIGER

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RDV sur le site bulbintown.com sur lequel tu peux venir me donner un coup de main et profiter de mes pré-ventes.

Pour découvrir les supers contreparties que j’ai imaginée c’est par ici: https://www.bulbintown.com/projects/saajie

Pour information, mon projet sera visible sur la page d’accueil de bulbintown.com après le 5ème soutien.

L’inscription est obligatoire pour contribuer et elle ne prend que quelques minutes, et les informations demandées sont : nom, prénom, e-mail et code postal.

Ces informations me permettront d’identifier les contributeurs pour procéder à la remise des contreparties une fois la campagne réussie !

Voici comment contribuer étape par étape : https://bulbintown.zendesk.com/hc/fr/articles/226730208
Merci pour ton aide, je compte sur toi!
Rayanne Hertkorn
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Belle signare

Aly Baba Faye (1961-) – Partenaire d’AFROpoésie – SENEGAL

En illustration- Weslande Olysse – HAÏTI

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Le Soir tombe sous le Ciel Azur,

voilé d’un beau Manteau Obscur.

La Nuit couvre son Corps qui luit,

lueur d’une Pleine Lune de Minuit.

 

Noire brillante d’Ebène, sa Peau

O Signare, dame noire de finesse

Élégant son regard, Miroir du Beau,

Soleil d’un soir source de liesse

 

Oui c’est elle qui sursoit l’Univers

Nature en Prose récitant son Vers

Sa féminité au Charme du Mystère

Tel un Verset récité à Cœur ouvert!

 

Masque nègre

Léopold Sédar Senghor (1906-2001) – SÉNÉGAL

En illustration- Weslande Olysse – HAÏTI

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Elle dort et repose sur la candeur du sable.
Koumba Tam dort. Une palme verte voile la fièvre des cheveux, cuivre le front courbe.
Les paupières closes, coupe double et sources scellées.
Ce fin croissant, cette lèvre plus noire et lourde à peine – ou’ le sourire de la femme complice?
Les patènes des joues, le dessin du menton chantent l’accord muet.
Visage de masque fermé à l’éphémère, sans yeux sans matière.
Tête de bronze parfaite et sa patine de temps.
Que ne souillent fards ni rougeur ni rides, ni traces de larmes ni de baisers
O visage tel que Dieu t’a créé avant la mémoire même des âges.
Visage de l’aube du monde, ne t’ouvre pas comme un col tendre pour émouvoir ma chair.
Je t’adore, ô Beauté, de mon œil monocorde!

 

 

A Pablo Picasso

Recueil « Chants d’ombre »

Besoin d’amour

Marcel Xavier Venn (1952-) – Partenaire d’AFROpoésie – SÉNÉGAL

Rayanne Hertkorn en illustration – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE/NIGER

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Photo © Arnel Ian Dela gente

Où est ce temps si beau, si pur, si simple
Tes yeux pétillaient de joie et de bonheur
Je ressens encore ton corps chaud, mon refuge, mon temple
J’ai encore le goût de tes lèvres, calice de douceur.
 
Où est cette époque des grandes envolées lyriques ?
Tout ton être n’était que rythmes et poésies
Tes chuchotements insensés la meilleure des musiques
Tes doigts subtils et magiques étaient source d’hérésie.
 
Elle est où la belle qui hantait mon sommeil ?
Elle est où la princesse de mes rêves d’enfant ?
Ton absence m’a valu tant de nuits de veille
Je désire que tu reviennes raviver mon cœur incandescent.
 
Voudrais-tu alors me redire je t’aime…comme avant ?
Voudrais-tu revenir près de moi pour toujours
J’aime tant ton souffle voyageant avec le vent
J’aimerais tellement que tu m’aimes comme avant…d’amour.

 

Still I rise

Maya Angelou (1928-2014) – USA

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You may write me down in history
With your bitter, twisted lies,
You may tread me in the very dirt
But still, like dust, I’ll rise.

Does my sassiness upset you?
Why are you beset with gloom?
‘Cause I walk like I’ve got oil wells
Pumping in my living room.

Just like moons and like suns,
With the certainty of tides,
Just like hopes springing high,
Still I’ll rise.

Did you want to see me broken?
Bowed head and lowered eyes?
Shoulders falling down like teardrops.
Weakened by my soulful cries.

Does my haughtiness offend you?
Don’t you take it awful hard
‘Cause I laugh like I’ve got gold mines
Diggin’ in my own back yard.

You may shoot me with your words,
You may cut me with your eyes,
You may kill me with your hatefulness,
But still, like air, I’ll rise.

Does my sexiness upset you?
Does it come as a surprise
That I dance like I’ve got diamonds
At the meeting of my thighs?

Out of the huts of history’s shame
I rise
Up from a past that’s rooted in pain
I rise
I’m a black ocean, leaping and wide,
Welling and swelling I bear in the tide.
Leaving behind nights of terror and fear
I rise
Into a daybreak that’s wondrously clear
I rise
Bringing the gifts that my ancestors gave,
I am the dream and the hope of the slave.
I rise
I rise
I rise.

 

Traduction d’Olivier Favier

 

Pourtant, je m’élève

 

Vous pouvez me rabaisser pour l’histoire
Avec vos mensonges amers et tordus,
Vous pouvez me traîner dans la boue
Mais comme la poussière, je m’élève pourtant,

Mon insolence vous met-elle en colère?
Pourquoi vous drapez-vous de tristesse
De me voir marcher comme si j’avais des puits
De pétrole pompant dans ma salle à manger?

Comme de simples lunes et de simples soleils,
Avec la certitude des marées
Comme de simples espoirs jaillissants,
Je m’élève pourtant.

Voulez-vous me voir brisée?
La tête et les yeux baissés?
Les épaules tombantes comme des larmes.
Affaiblie par mes pleurs émouvants.

Es-ce mon dédain qui vous blesse?
Ne prenez-vous pas affreusement mal
De me voir rire comme si j’avais des mines
d’or creusant dans mon potager?

Vous pouvez m’abattre de vos paroles,
Me découper avec vos yeux,
Me tuer de toute votre haine,
Mais comme l’air, je m’élève pourtant.

Ma sensualité vous met-elle en colère?
Cela vous surprend-il vraiment
De me voir danser comme si j’avais des
Diamants, à la jointure de mes cuisses?

Hors des cabanes honteuses de l’histoire
Je m’élève
Surgissant d’un passé enraciné de douleur
Je m’élève
Je suis un océan noir, bondissant et large,
Jaillissant et gonflant je tiens dans la marée.
En laissant derrière moi des nuits de terreur et de peur
Je m’élève
Vers une aube merveilleusement claire
Je m’élève
Emportant les présents que mes ancêtres m’ont donnés,
Je suis le rêve et l’espérance de l’esclave.
Je m’élève
Je m’élève
Je m’élève

Ton sourire est un fleuve

Patron Henekou (1981-) – Partenaire d’AFROpoésie – TOGO

En illustration- Weslande Olysse – HAÏTI

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J’aime admirer,

Derrière les pages de notre

Roman,

Telles les vagues de la mer

Le charme de ton regard

Qui fait briller les flashs des

Caméras

 

Tes beaux gros yeux pincent

Le souffle des papillons dans un

Berceau de la ville de

Stresstown

 

Ton sourire est un fleuve.

Il charrie les brindilles d’espoir de

La famille

Et l’accroche au mât de dieu*.

 

Laisse-moi pour un instant le prendre,

Ce fleuve,

Dans un baiser tendre et chaud

L’installer au mur de mon cœur

 

Comme un totem dans un musée.

 

Dans un complot charnel,

Un diamant hors prix

Des dentelles en peau de sirène,

Mon cœur exulte d’émotions arc-en-ciel

Aux bords de ton sourire.

 

Son charme l’inonde.

Immortel.

 

Immole Monsieur dieu*.

 

Pour Karina, de la part de Bill

Lincoln NE, 28 août 2017.

*Monsieur dieu (ou dieu) dans ce poème fait référence à Maître Vossaillères, ce personnage tué par sa fille Karina dans le roman Condamné avec souci de Cal Avono.

Patron Henekou devient partenaire d’AFROpoésie!

Photo de Patron Henekou

Je m’appelle Patron Henekou. Je suis né en 1981 au Togo et j’écris aussi bien en français qu’en anglais.

Mes textes (poèmes et pièces de théâtre) ont été lus et présentés lors du Festival scolaire de théâtres 2016 et 2017, à la 10e édition du Festival International FILBLEU en mars 2017 à Lomé, dans les Université de Lomé et de Kara, Togo ; et aussi à Accra notamment au Museum of Science and Technology sur invitation du Writer’s Project of Ghana, et à l’occasion de Storymoja Ghana Festival au W. E. B. Dubois Memorial Centre for Pan African Culture en 2016.

Mes ouvrages intitulés Dovlo, or A Worthless Sweat (2015, théâtre, anglais) et Souffles d’outre-cœur (2017, poésie, français) sont tous deux publiés aux Editions Awoudy à Lomé. Je suis également l’un des organisateurs du Festival Littérature et Arts (FesLArts) à l’Université de Lomé.

Le déclic est venu en 1998 sur les côtes du Mono, ce fleuve qui berce encore les souvenirs de mon enfance, et la berge ensoleillée de la mer à Grand-Popo, au sud-ouest de la République du Bénin. Cet élan vers la poésie se consolide aux pas du temps depuis ma rencontre en 2006 avec les poètes et universitaires ghanéens Kwakuvi Azasu et Kofi Anyidoho.

Merci à Kodjo Agbemele, partenaire d’AFROpoésie, qui m’a conduit à ce monde merveilleux, site des poésies africaines.

Facebook: Patron Kokou Henekou

Twitter: @Patron Henekou

 

Pour commander mes livres, contactez les Editions Awoudy par mail : edit.awoudy@hotmail.fr

Dovlo, or A Worthless Sweat (2015, théâtre, anglais)

Souffles d’outre-cœur (2017, poésie, français)

L’île lointaine

Daniel Thaly (1879-1950) – MARTINIQUE (France)

Mont_Pelée

Je suis né dans une île amoureuse du vent
Où l’air a des senteurs de sucre et de vanille
Et que berce au soleil du tropique mouvant
Le flot tiède et bleu de la mer des Antilles.

Sous les brises, au chant des arbres familiers,
J’ai vu les horizons où planent les frégates
Et respiré l’encens sauvage des halliers
Dans ses forêts pleines de fleurs et d’aromates.

Cent fois je suis monté sur ses mornes en feu
Pour voir à l’infini la mer splendide et nue
Ainsi qu’un grand désert mouvant de sable bleu
Border la perspective immense de la nue.

Contre ces souvenirs en vain je me défends
Je me souviens des airs que les femmes créoles
Disent au crépuscule à leurs petits enfants,
Car ma mère autrefois m’en apprit les paroles.

Et c’est pourquoi toujours mes rêves reviendront
Vers ses plages en feu ceintes de coquillages
Vers les arbres heureux qui parfument ses monts
Dans le balancement des fleurs et des feuillages.

Et c’est pourquoi du temps des hivers lamentables
Où des orgues jouaient au fond des vieilles cours,
Dans les jardins de France où meurent les érables
J’ai chanté ses forêts qui verdissent toujours.

Ô charme d’évoquer sous le ciel de Paris
Le souvenir pieux d’une enfance sereine
Et dans un Luxembourg aux parterres flétris
De respirer l’odeur d’une Antille lointaine !

Ô charme d’aborder en rêve au sol natal
Où pleure la chanson des longs filaos tristes
Et de revoir au fond du soir occidental
Flotter la lune rose au faîte des palmistes !

 

(« Le jardin des Tropiques », La Nouvelle Revue Française N’ 32, août 1911)