Les enfants du chagrin

Théodore Gaëtan Badjo (1995) – Partenaire d’AFROpoésie – TOGO

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Quand le soleil reprend ses droits, nos parents se mettent à table.

Des parents plus âgés que ne le sont la plupart des grands-parents

Ces visages charnus, derrière leurs yeux malades et leur sourire blanc

Se dissimule la haine d’une contrée médiocre aux princes aveugles.

Leurs photos suspendues aux murs témoignent d’un printemps néanmoins gai.

Les mères, dans leurs airs de battantes sont dans une inquiétude perpétuelle.

Les frères ayant deviné l’affliction, ont allumé de tout bois le feu de l’aventure infernale

Ici, quoique douce et pure, l’atmosphère reste morose ; nous ne désirons aucune paix !

Nos aïeux ont fait des choses : ils ont réussi à faire vivre des morceaux de bois taillés

Ici, la foudre se manie comme un cheval sur les quatre coins de la volte,

L’homme devient un être capable dans un endroit pernicieux, d’une baguette offerte.

Nous vivons la vie que la nature nous prête, aucun arbre ne tombe quand nous voulons

Nos parents se retirent un jour et se dissipent dans le silence des souvenirs de nos rejetons ;

D’épouvantables reptiles pendant aux vieux murs en pierre, divinement écaillés.

 

 

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Les dernières nouvelles

Medemaku Selome Lawrence (1993-) – Partenaire d’AFROpoésie – NIGERIA

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Chers compatriotes,

Nous sommes libérés

Nous sommes libérés dans notre faim;

 

            Le premier octobre, nous allons fêter le jour de l’indépendance…

 

Chers compatriotes,

Nous sommes riches

Nous sommes riches verbalement;

 

              Le pays est le plus grand et le plus riche

              De l’Afrique…

 

Chers compatriotes,

Ecoutons!

Le président présente son budget

Ce qui vous fait venir l’eau à la bouche;

 

            On parle des milliards de nairas

            Des avantages distribués

            Voyons-les! ils sont pour tous!

 

Chers compatriotes,

Ecoutons!

On parle d’un pouvoir politique

Il n’a d’intérêt que pour les citoyens;

 

            En 201…

            Il y aura des emplois pour les citoyens

            Prêtez l’oreille à un véritable processus

            Ecoutons! On ne parlera plus de chômage…

 

Chers compatriotes,

Unissez-vous vos efforts contre la corruption

Ces discours de notre leader-

Ce rédempteur d’un système dit gâté-

Font bien dans nos cœurs;

 

            Tournez le dos à la corruption

            Notre président lutte contre le pillage

Haut les mains

Pour le père de notre civilisation!

Mettez donc, vos pieds dans ce plat…

 

Chers compatriotes,

Depuis qu’on parle d’une lutte contre le pillage,

J’ai le ventre creux;

 

Ces paroles

Entrent par une oreille et

Sortent par l’autre…

 

Vous avez tout fait

A la sueur de votre front

Mais la jouissance politique

N’est plus pour tous.

 

Ces paroles

Peuvent-ils nous libérer de notre faim?

 

Chers compatriotes,

Voici les dernières nouvelles

Dans le journal d’aujourd’hui.

 

 

 

Simplement un instant

Jean Sénac (1926-1973) – ALGÉRIE

Hyakinthos

Simplement un instant pouvoir poser ma tête

Sur ton cœur et penser que tout n’est pas si vain,

Et me réconciliant avec des joies honnêtes,

Oublier que l’amour trompe plus que le vin .

.

Approcher lentement mon désir de tes lèvres,

Les effleurer, garder ton haleine sur moi,

Agrandir ta pupille au-delà de la fièvre

Et que ton œil si grand soudain paraisse étroit.

.

Tu fuis, ta gentillesse est nerveuse et complice

De mon geste qui donne à ta peau son éclat.

Tous les ruisseaux du Sud ont couru sur tes cuisses

Et l’ongle de la mer a lacéré tes bras.

.

Poulain des sables francs, tu mords et tu rutiles,

Tu gambades, naïf aux rires de copeaux,

Ton corps est ce long golfe où la raison s’exile,

O toi qui ris lorsque je dis que tu es beau !

.

L’aube va se lever avec ses coups de pioche,

Chacun de son côté s’enchaîne à son travail,

Mais moi je porterai ton regard d’eau de roche,

Et toi, garderas-tu ma main sous ton chandail ?

 

 .

Panégyrique clanique des dJεhέnù (Kotafon) du Bénin

Rodrigue Hounsounou (1986-) – Partenaire d’AFROpoésie – BÉNIN

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Djaga djùgùvilε

Xεhe gbɔ̃ dji mɔ̃  nɔ̃ kl afɔ

Sizo mahikɔ  enã vεhahù

Akpalo sɔ vi bɔ  nɔ̃  wa djadja

Djεhnù akpalovi

Djεhun toto

Ka gnãlã bɔ  signɔ̃vi

Akuε hùzù gbade botɔ̃ akùn do djεhun

Ahɔ̃  ma  digbe do laguƏdem

Ahɔ̃  dɔ fitikɔ.

            – Traduction –

Enfants de Djaga Djougou :

L’oiseau qui passe dans les cieux et qui ne trébuche point ;

L’eau chaude qui repousse la gorge assoiffée.

Le bruit de la guerre secoue le fils et la mère panique

Fils nés du bruit et du vent de la guerre,

Le vent de la guerre est passé.

La calebasse est immonde mais donne de bonnes eaux (les fils).

L’argent s’est transformé en grain de maïs et germe chez les djèhouin.

Le pet ne tonne pas dans la couche.

Dans la couche, le pet étouffe.

Poème des Andalous envoyé au sultan Bayezid II

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Qu’une paix noble, durable et toujours renouvelée, soit sur le meilleur des califes.

Que la paix soit sur celui dont Allah a élargi le règne avec la victoire sur toutes les régions.

Que la paix soit avec celui qui a sa capitale dans la noble ville de Constantinople.

Que la paix soit sur celui dont Allah a orné le royaume sous les Turcs d’armées et de peuples.

Que la paix soit avec toi! Puisse Allah exalter ton rang et te faire dominer sur toutes les nations.

Que la paix soit avec le juge, avec qui il est comme lui parmi les sages, noble et grand.

Que la paix soit avec les sages parmi les hommes pieux, ceux de la religion, et des administrateurs.

Que la paix soit avec toi, au nom des esclaves qui sont restés dans al-Andalus, dans l’Ouest, la terre d’exil, près de la mer des Roms et d’un insondable océan, profond et sombre.

Que la paix soit avec toi, au nom d’un esclave affligé d’une énorme calamité, hélas, et elle est énorme!

Que la paix soit avec toi, au nom des vieillards dont les cheveux blancs tombent en lambeaux, après avoir connu la gloire.

Que la paix soit avec toi, au nom des forcés à se découvrir au sein des barbares après avoir eu le visage voilé.

Que la paix soit avec toi, au nom des jeunes filles que le prêtre traîne par les cheveux au lit du déshonneur.

Que la paix soit sur toi, au nom des contraints à manger le porc et la viande non abattue selon le rituel.

Nous avons tous embrassé le sol de ta Cour et invoquons bien sur vous en tout temps.

Puisse Allah prolonger ton règne et préserver ta vie de tout le mal et le malheur, et te soutenir avec la victoire et triompher de l’ennemi.

Nous nous sommes plaints à toi, mon Seigneur, d’une blessure, du malheur, et l’énorme calamité qui nous afflige.

Nous avons été trahis et converti au christianisme, rompant avec les autres notre religion; Nous avons été opprimés avec déshonneur.

Nous tous dans la religion du Prophète Mohammed avons combattu les gouverneurs de la croix avec notre intention intérieure, dans le grave danger d’être tués ou capturés, et souffrant de la faim et de soif.

Mais les chrétiens nous ont attaqués partout, comme un vaste torrent, nous balayant comme un troupeau, avec leur multitude de cavalerie et de canons.

Pourtant, nous résistons à son armée, son grand nombre exterminateur, bien que parfois sa cavalerie augmente tandis que les nôtres ont diminués.

Lorsque nous faiblissons, ils campent sur notre territoire et ravagent ville après ville en utilisant de grands canons qui démolissent les murs pendant des jours et des mois, avec zèle et obstination.

Lorsque notre cavalerie et notre infanterie ont augmenté, que nous avons vu aucune aide venue de nos frères, que nos vivres avaient diminué de par cette situation vraiment difficile, nous nous sommes conformés, contre notre volonté, à leur demande, par crainte d’une plus grande calamité, craignant que nos fils et nos filles soient fait capturés ou tués, à condition que nous restons dans une situation similaire à celle des Mudéjares, que nous aurions le droit d’appeler à la prière et de célébrer nos prières rituelles et nous laisser l’une des exigences de la loi religieuse, et celui d’ entre nous qui voulaient à traverser la mer serait autorisé à le faire en toute sécurité sur la côte africaine, avec toutes ses biens.

Et il nous montra des documents contenant des pactes et traités en disant: « Ceci est mon amnistie et ma protection par laquelle vous restez en possession de vos biens et maisons, comme vous étiez avant, mais sans armes ».

Cependant, lorsque qu’il trahit son traité de protection, il rompu l’alliance, transgressa les capitulations et fit se convertir au christianisme par la force et la dureté, faisant brûler les livres que nous avions et en les mélangeant avec des excréments et de la saleté.

Tous les livres portant sur des questions de notre religion sont tombés en proie à feu entre la moquerie et le ridicule.
Ils n’ont pas laissé un seul livre qui appartenait à un musulman, pas même celui dans lequel on pourrait se réfugier dans la solitude.

Celui qui était connu pour jeûner et prier était arrêté par les flammes, ceux d’entre nous qui ont quitté pour aller à leur lieu d’incrédulité ont été sévèrement punis par le prêtre par une gifle sur les deux joues, la confiscation de leurs biens et furent jeter en prison.

Pendant le Ramadan, le jeûne est interrompu, on nous force à prendre notre nourriture et notre boisson, nous ordonnant de maudire notre Prophète et nous interdisant de faire l’appel.

Dès qu’un groupe chantant son nom est entendu, il lui est infligé de dommages graves, les juges et les gouverneurs les punissent avec des matraques, des amendes, l’emprisonnement et l’humiliation.

On refuse la prière sur celui qui est mort, ainsi que le fait d’être enterré.

Au lieu de cela, il est jeté à un tas de fumier comme un âne mort ou un animal.

Outre ces nombreux autres maux qu’ils ont perpétrés et les actes déshonorants. Nos noms ont été changés d’une nouvelle façon sans notre accord.

Malheur à nos noms remplacés par ces barbares ignorants!

Malheur à nos enfants qui doivent aller chaque matin au prêtre qui enseigne l’incrédulité, l’idolâtrie et le mensonge !

Malheur aux mosquées qui ont été barricadées et transformés en tas d’excréments d’infidèles après avoir apprécié la pureté rituelle!

Malheur à ces minarets dont les cloches suspendues ont remplacé la shahadah !

Malheur à ces villes et leur beauté, ô combien obscurcies dans l’infidélité!

Elles sont devenus des bastions des adorateurs de la croix, à l’abri des attaques.

Nous sommes devenus esclaves, captifs ne pouvant être sauvés, même des musulmans qui ont prononcé leur Shahada.

Donc, si tes yeux ont vu ce qui est devenu notre situation, malheur à nous! Malheur au malheur qui nous afflige, le déshonneur, la douleur et l’oppression!

Nous te supplions, pour Allah et pour le pur, l’élu, la meilleure des créatures (Muhammad), le plus élevé parmi les hommes, pour la famille de Muhammad et ses compagnons, pour son oncle Abbas de regarder ce qui nous est arrivé, puisse Allah de son trône déverser sa miséricorde, parce que ce que tu dis est entendu, ce que tu ordonne est fait et tout ce que tu envoies est effectué rapidement.

Depuis le lieu d’origine de la religion chrétienne qui est sous ton domaine, parce que là-bas toutes les régions réparties, par Allah notre Seigneur, daigne nous favoriser avec des conseils ou un mot de protestation parce que tu possèdes l’excellence, la gloire, le rang et le pouvoir de sauver les serviteurs d’Allah du mal.

Demande au pape, le gouverneur de Rome, pourquoi permettre la trahison après la signature de l’amnistie et pourquoi nous blesser sans qu’il n’y ait eu faute crime de notre part.

Lorsque son peuple qui avait été conquis, était sous la protection de notre religion et sous la protection de nos rois glorieux qui remplissaient leurs promesses, ils n’ont pas été contraints d’abandonner leur foi ou leurs maisons, et n’ont subi ni trahison ni déshonneur.

Assurer un pacte, puis le trahir, c’est un acte interdit par toutes les religions en particulier par un roi, c’est un acte honteux et honteux, interdit par la loi dans toutes les régions.

Ta lettre est venue à eux, mais ils n’en ont pas pris en compte un seul mot, cela a seulement augmenté leur inimitié et l’audace contre nous, et leur persévérance dans toutes sortes de maux.

Les envoyés égyptiens sont arrivés et n’ont pas été traités avec la trahison et le déshonneur, mais ils leur ont dit qu’on avait volontairement accepté leur religion d’incrédulité et n’avaient pas imposé à leur sujet la conversion à l’idolâtrie; par Allah, nous ne pourrons jamais accepter cette déclaration, ces mensonges sur nous, le plus grand mensonge dans ses paroles.

Ce fut la peur de la mort et de brûler qui a fait de nous ce que nous sommes. Nous avons dit ce que nous avons dit contre notre intention.

La foi du Prophète d’Allah n’est pas morte parmi nous, nous reconnaissons le monothéisme d’Allah

Nous n’avons pas accepté, par Allah, ni notre changement de religion ou de ce qu’ils disent à propos de la Trinité, et si nous l’avons proclamé c’est pour ne pas avoir à subir de tords. Demande à propos de Huejar comment ses habitant ont été exterminés dans l’ humiliation et le malheur, et demande à propos de Belfite, où tous ont été massacrés par l’épée après avoir subi l’Inquisition de l’ angoisse, Munyafa, ses habitants ont été tués par l’épée. La même chose est arrivée avec le peuple de Alpujarra. Concernant Andarax, ses habitants ont été consumés par le feu. Enfermés dans la mosquée, ils ont été transformés en charbon.

Malheur à nous! Se plaindre à toi pour nos maux est la pire des séparations!

N’ont-ils pas juré de nous faire quitter notre religion et notre prière rituelle, comme ils ont juré de le faire avant de rompre le pacte?

Sinon, qu’ils nous laissent émigrer en Afrique du Nord, la terre de nos proches, de nos biens. Nous préférons émigrer à rester dans l’incrédulité, avec le pouvoir, mais sans religion.

Tu attends la fin de nos angoisses, de notre malheur et de l’humiliation qui nous afflige comme toi, Allah soit loué, es le meilleur de nos rois et la gloire monte au-dessus de tous les autres.

Nous avons donc demandé à notre Seigneur de prolonger ta vie dans la royauté et la gloire, la joie et la prospérité, la paix dans tes domaines, la victoire sur tes ennemis, de nombreuses troupes, la richesse et la magnificence.

Enfin, la paix d’Allah attaché à sa miséricorde soit sur toi tous les jours et toutes les heures.

 

 

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Traduction de Mercedes García-Arenal

A l’aéroport

Théodore Gaëtan Badjo (1995) – Partenaire d’AFROpoésie – TOGO

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L’aéroport est vaste, j’ai eu l’occasion de le parcourir.

Une génération après, identique demeurera le souvenir

Tout est là, ah ! et ces voix répétitives à bonne fréquence.

Je badine avec des douaniers qui apprécient mon intelligence.

Je me suis lié d’amitié avec un agent de propreté très amusant

Il me rend quelques petits services contre un peu d’argent.

Je partage mon temps auprès de divers groupes de voyageurs

A chacun son histoire, à chacun son malheur, tristes menteurs !

Le monsieur en provenance de la Syrie est assez bavard

Suspecté pour criminalité, un géant Malien attend d’être rapatrié.

Cette Sénégalaise qui se livre à de vilaines plaintes contre un douanier,

Ce groupe de Marocains expulsés de la Grèce en pleine nuit m’intrigue.

Jan est un Allemand bandit ! Il étale un zèle aveugle pour Hambourg

Fleurant comme baume, ces âmes bercent mes nuits, lorsque mon cœur a l’air cafard.

 

 

Théodore Gaëtan Badjo devient partenaire d’AFROpoésie!

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Né en 1995 à Lomé, après une carrière sportive ratée, j’ai trouvé ma voie dans la création littéraire et l’humanisme. En 2015 je suis devenu membre du Mouvement Rihanate Citoyenne, une ONG marocaine à Khemisset, dans l’est du pays où j’ai été rédacteur administratif.

Mon premier roman « Plumes de Bijoux » est publié la même année aux Éditions Edilivre, suivi de ma collaboration à la rédaction d’un ouvrage collectif en hommage à Bernard Dadié. En 2017, la nouvelle « Nati Seifu Tesfaye », un récit de migrants mineurs en Europe est parue dans le premier numéro de la Revue des Citoyens des Lettres.

Je suis aussi entré en littérature avec la poésie. Mon prochain livre est un cocktail d’une trentaine d’œuvres de poésie. Aussi, je suis attiré par des rythmes de vers mélancoliques (Les enfants du chagrin) et mystérieux (Six voyageurs), car comme dirait Victor Hugo, la poésie n’est-elle pas l’étoile qui mène à Dieu, rois et pasteurs ?

 

 

La belle Egypte

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La belle Egypte au bord du Nil 
Danse, 
Air léger sur l’eau claire ;

La jolie fille aux reflets verts 
Joue, 
Cheveux gais, robe en fil.

Le noir bédouin du grand désert 
Crie, 
Sol torride et vent vif ;

Le garçon dur au corps massif 
Court, 
Œil de sang, ventre amer.

Les deux amants, flammes et miel, 
Roulent, 
Eclairs et tournoiements ;

Le Nil discret paisiblement 
Va, 
Impavide, éternel.

 

 

Extrait des chants de l’amour de l’Egypte ancienne

 

Illusions

Kodjo Agbemele (1987-) – Partenaire d’AFROpoésie – TOGO

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Souvent on pense que l’ailleurs

Est porteur de bonheur

Alors que dans les faits

Cette idée n’est pas toujours vraie

L’ailleurs peut l’être mais aussi l’ici

Juste travailler à la plume ou à la scie

 

Il est aussi dit

Qu’écrire des poèmes

C’est mener une vie de bohème

Je pense que c’est faire de la poésie

Je connais des poètes plus stables

Que La Fontaine dans ses fables