Hey Black Child!

Poème de Countee Cullen (1903-1946) – USA

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Hey Black Child
Do you know who you are
Who you really are
Do you know you can be
What you want to be
If you try to be
What you can be
.
Hey Black Child
Do you know where you are going
Where you’re really going
Do you know you can learn
What you want to learn
If you try to learn
What you can learn
 
Hey Black Child
Do you know you are strong
I mean really strong
Do you know you can do
What you want to do
If you try to do
What you can do
 
Hey Black Child
Be what you can be
Learn what you must learn
Do what you can do
And tomorrow your nation
Will be what you want it to be
.
-Version française-
.
Hé, Enfant Noir
Sais-tu qui tu es
Qui tu es vraiment
Sais-tu que tu peux être
Celui que tu veux être
Si tu essaies d’être
Celui que tu peux être
.
Hé, Enfant Noir
Sais-tu où tu vas
Où tu vas vraiment
Sais-tu que tu peux apprendre
Ce que tu veux apprendre
Si tu essaies d’apprendre
Ce que tu peux apprendre
.
Hé, Enfant Noir
Sais-tu que tu es fort
Je veux dire, vraiment fort
Sais-tu que tu peux faire
Ce que tu veux faire
Si tu essaies de faire
Ce que tu peux faire
.
Hé, Enfant Noir
Sois celui que tu peux être
Apprends ce que tu dois apprendre
Fais ce que tu peux faire
Et demain ta nation
Sera ce que tu veux qu’elle soit.
.
.
Traduction française tirée du blog Les Etoiles Noires
Pour le consulter, cliquez ici 
.
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Tueuse à gages

Poème de Souleymane Kidé (1980-) – Partenaire d’AFROpoésie – MAURITANIE

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En toute cruauté
Elle tue même la mort,
Elle tue l’oubli
Elle tue l’absence
Elle tue l’orgueil
Elle tue le temps 
Elle tue la vie 
Tue les sentiments, les sensations
Elle tue la beauté
Tue le luxe et le somptueux
Elle tue la couleur
Tue la haine et la jalousie
Elle tue tout 
Sauf le cœur et l’âme…
.
Elle tue en crachats
Et tue en crachant son encre,
Inondant les papyrus
Sectionnant nos nerfs
Affligeant nos dextres
Et troubla notre vision.
.
Elle, c’est la plume.
Cette dame baveuse,
Femme fontaine
À l’hymen mouillé !
.
Kide Souleymane © 2019

 

 

Le barbare et le civilisé

Poème de Mabard Abdias (1995-) – Partenaire d’AFROpoésie – CAMEROUN

Illustration de l'ouvrage Comment j'ai retrouvé Livingstone, Paris, Hachette, 1876

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Ceux qui étaient venus

Avec des missionnaires devant le bateau

Et les soldats derrière

 

Ceux qui étaient venus

Avec la « civilisation » dans la bouche

Et la barbarie dans le cœur

 

Ceux qui étaient venus

Faire du tourisme, du safari

En enlevant des hommes pour des expositions

 

Ceux qui étaient venus

Changer des mentalités

En tuant les illuminés

 

Ceux qui étaient venus

Construire des écoles pour connaître

Les autres peuples et les exploiter

 

Ceux qui étaient venus

Construire des églises

Pour endormir les consciences

 

Ceux qui étaient venus

Construire des routes

Pour mieux transporter les minerais

 

Ceux qui étaient venus

Construire des hôpitaux

Pour sauver leurs complices traîtres

 

JE VOUS SALUE

 

Ceux qui chantent la démocratie

En choisissant les leaders

Des autres peuples

 

Ceux qui chantent la paix

En bombardant

D’autres peuples

 

Ceux qui chantent l’égalité

En se taisant sur les injustices

Des autres peuples

 

Ceux qui chantent l’humanisme

En laissant la mer engloutir

Les autres peuples

 

Ceux qui chantent le développement

En corrompant l’esprit

Des autres peuples

 

Ceux qui chantent l’aide humanitaire

En confisquant les fonds

Des autres peuples

 

Ceux qui chantent la libre pensée

En imposant leurs mœurs

À d’autres peuples

 

Ceux qui chantent la différence

En diabolisant la différence

Des autres peuples

 

Ceux qui chantent la générosité

En envahissant de vieilleries

D’autres peuples

 

Ceux qui chantent la loi

En la détournant pour dominer

D’autres peuples

 

Ceux qui chantent la liberté

En torturant sans pitié

Les autres peuples

 

Ceux qui promeuvent la culture

En confisquant l’histoire

Des autres peuples

 

Ceux qui promeuvent l’éducation

Et par des bourses enlèvent les intellectuels

Des autres peuples

 

Ceux qui règlent des conflits

En fournissant des armes aux rebelles

Pour tuer leurs peuples

 

Ceux qui disent « gagnant-gagnant »

En imposant des conditions

À d’autres peuples

 

Ceux qui luttent contre les maladies

En créant des virus pour exterminer

D’autres peuples

 

JE ME PROSTERNE DEVANT VOUS

 

Qu’ils sont beaux, ces mots

Quand vous les remuez dans vos bouches

Démocratie, paix, égalité, humanisme,

Éducation, développement, culture, liberté,

Libre pensée, générosité, loi, gagnant-gagnant

Et vos esprits leurs sourient

 

Oh ! Qu’ils sont vides de sens

Quand nous voyons leur contenu

Pour nous et pour vous,

Ils ne sauront être le même

Que des gros mots excitant des maux

À ton profit, cher bourreau

 

Oui nous sommes des barbares !

Oui nous sommes des sauvages !

Oui nous sommes des sous-hommes !

Oui nous sommes des marionnettes !

 

Mais le barbare ne sait qu’une chose :

LA BARBARIE

Mais le sauvage ne sait qu’une chose :

LA SAUVAGERIE

Mais la marionnette ne sait qu’une chose :

L’INSTINCT DE SURVIE  À TOUT PRIX

Mais le sous-homme ne sait qu’une chose :

LA RÉVOLTE POUR SA LIBERTÉ

 

Oh ! M. le Moralisateur, Créateur et Défenseur des droits

Ne me moralise pas, ne m’enseigne pas des doctrines,

Des concepts, des stratégies vides de sens et d’essence

 

La violence de l’opprimé sur l’oppresseur

S’appelle la légitime défense et non une offense

Mieux vaut être barbare et se battre

Légitimement pour sa souveraineté

Que d’être traître en corrompant sa conscience

 

Nul ne peut tenir éternellement un peuple captif

Le jour où ce peuple saura de quoi il est capable,

Rien ne saura plus l’arrêter ni même la mort

Car il est déjà mort depuis des lustres, ce peuple

Aucune aspiration du peuple n’est illégitime

Et ce peuple n’aura pour dirigeant

Que sa conscience et sa souveraineté.

 

 

Cameroun, 07 mars 2019

 

Mabard Abdias devient partenaire d’AFROpoésie!

IMG_20190114_104751_056.jpgJe m’appelle Mabard Abdias, de nationalité camerounaise, né le 21 Janvier 1995 à l’Extrême-Nord du Cameroun.

J’ai rencontré la poésie dès l’enseignement secondaire et je lui ai fait la cour. En 2013, en classe de Terminale, j’étais éperdument tombé amoureux d’elle. Sans perdre de temps, je l’ai immédiatement fiancée et épousée.

De notre union, est né « Terre de mes pères » dans le cinquième numéro de la revue Art et Vert en octobre 2018, « Discours antérieur » dans le n° 6 de la même revue en janvier 2019. En février 2019, notre recueil de poème « La voix du silence » conçu avec tant de soins voit le jour aux éditions Challenges Littéraires Éditions.

Couverte par la grâce des Muses et d’Isis, elle porte actuellement mes jumeaux qui verront probablement le jour à tout moment. Je suis aussi membre de la Société des Poètes et des Artistes du Cameroun (SPAC).

Mon union avec la poésie est pour le meilleur et le pire et une histoire d’amour passionnante. Quand je me sens meurtri au-dedans de moi, quand les ailes de mon esprit me quittent, quand la fleur de mon cœur commence à faner, c’est elle qui me caresse, me console et me rassure. Elle me permet de combattre des grands maux par des simples mots, de me connaitre, de connaitre l’autre, de voir le monde autrement, de m’élever, de chanter l’amour et de m’épanouir dans l’univers des vers et des proses dont chaque pause est pour une noble cause.

Je publie sous le pseudonyme de Abdias Mabar Kazga. Pour le moment, mon recueil « La voix du silence » n’est disponible qu’en version numérique en cliquant ici!

Il est également disponible sur Cultura, Fnac, Decitre, etc. La version imprimée sera disponible dans peu de temps. Mon compte Facebook porte mon patronyme Mabard Abdias et mon adresse e-mail est la suivante : abdias.k@yahoo.com 

La voix du silence 1ère couverture.jpg

 

 

Guïjes

Poème de Nancy Morejón (1944-) – CUBA

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Saliendo el sol de la mañana 

miramos al espejo silvestre

donde espigan la cueva provincial 

y el aroma silente de la hierbas.

Y daban la seis de la existencia 

real del día.

                       Lo decían

el agua de los saltos

y el campanario viejo junto al río,

entre el rumor de aquel desfiladero.

Corrieron en su encuentro los güijes, otra

vez,

y en la noche tan joven, zarparon

en un solo relámpago de luz…

 

– Version française –

 

Guïjes* 

 

Au lever du soleil matinal

nous vîmes dans le miroir silvestre

s’étendre la grotte provinciale 

et l’arôme silencieux des plantes.

Puis les cloches sonnaient les six coups de l’existence

réelle du jour.

                         Le clamaient

l’eau des cascades

et le vieux clocher près de la rivière,

dans la rumeur des gorges lointaines.

Les güijes coururent à sa rencontre, une fois

encore,

et dans la nuit si jeune, ils s’éclipsèrent 

en un seul éclair de lumière…

 

 

* Gnomes effrayants des rivières

 

Rédemption

Poème de Hognalo Cosmas (1999-) – Partenaire d’AFROpoésie – TOGO

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Quand le soleil, de ses ondes a fini d’éclairer la Terre
Et que la lune fidèle, le témoin récupère…

.
Quand s’illumine l’azur céleste d’étoiles
Et que le hibou noctambule bouboule…

.
Quand le globe de son pagne noir se couvre
Et que Morphée dans ses bras berce tout être,

.
Dans les profondeurs de la nuit, éveillé suis-je, errant
Par les méandres de mes pensées, fuyant.

.
Fuyant, par un chasseur poursuivi ; mon passé
Rendant flou mon avenir, mon futur insensé.

.
Dans ce spectacle soudain, une goutte
Inattendue tel au désert oasis ; de larme une goutte

.
Sur ma joue s’invite, d’autres la suivant et bientôt de larme
Un torrent, héraut du mea culpa de l’âme.

.
Mon être embrouillé, subrepticement se calme,
Sans coup férir, loin se retrouve du suppliciant vacarme.

.
Apaisé, l’esprit dans d’innombrables réflexions se lance
Avec à la main rédemption comme fer de lance.

.
Libéré d’avoir trouvé moyen de rédimer,
Subséquemment, le corps, par le sommeil se fait courtiser.

.

.

Femme, tu es juteuse

Poème de Nelson Kamkuimo (1994-) – Partenaire d’AFROpoésie – CAMEROUN

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Femme, tu es juteuse
ta salive est nectar
ton visage est pétales
ton sourire est éclosion
tes cheveux sont comme feuilles de marguerite
.
je serai ce soir l’abeille affamée
poussée à la conquête du monde
et dont l’envie du nectar
mange la peur de la fleur
.
je serai l’abeille qu’il te faut et toi la fleur qu’il me faut
et je viendrai te chanter l’hymne de ta beauté
et les refrains de mon amour
boire avec avidité dans les rondeurs de ton calice
avant que ne s’éparpillent mes sens dans le vent qui souffle

 

.

Le prophète

Alexandre Pouchkine (1799-1837) – RUSSIE

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Tourmenté par la soif des choses spirituelles, je me traînais dans un désert sombre, quand un séraphin à six ailes m’apparut à l’entre-croisement d’un sentier. De ses doigts, légers comme un rêve, il me toucha les prunelles : et, sagaces, mes prunelles s’ouvrirent toutes grandes comme celles d’un aigle épouvanté. Il toucha mes oreilles : et elles furent remplies de tintements et de sonorités et j’entendis la palpitation du firmament et le haut vol des anges, et la marche des polypes dans les bas-fonds de la mer, et le développement des broussailles dans les vallées. Et il se colla à mes lèvres, et arracha ma langue pécheresse, pleine d’artifices et de mensonges ; et de ses mains ensanglantées il darda entre mes lèvres l’aiguillon du sage serpent. Et il me fendit la poitrine avec son glaive et en ôta mon cœur pantelant et dans ma poitrine ouverte il enfonça un charbon tout en flammes. Comme un cadavre, j’étais couché dans le désert ; et la voix de Dieu retentit jusqu’à moi :

– Lève-toi, prophète, regarde et écoute ; que ma volonté te remplisse et parcourant les terres et les océans, brûle de ta parole les cœurs des hommes !

 

 

Traduction d’Ivan Tourgueniev et Gustave Flaubert, parue dans La République des Lettres, 1876