A dos d’éléphant

Poème de Victor Hugo (1802-1885) – FRANCE

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Supposez Goliath mené par Myrmidon. 
Le cornac est tout jeune et la bête est énorme. 
Le palanquin tremblant par instant se déforme 
Et vous cahote au point de vous estropier 
Sous ses rideaux de cuir et son toit de papier. 
Un monstre n’a pas moins de roulis qu’un navire ; 
Comme un vaisseau chancelle un éléphant chavire, 
Et vous avez le mal de mer sur Béhémoth. 
Le cornac, nain pensif, conseille à demi-mot 
Le colosse, et le monstre écoute et ne se trompe 
Sur rien, ni sur le gué qu’il sonde avec sa trompe, 
Ni sur la route à suivre, et jamais l’éléphant 
N’a peur, pourvu qu’il soit conduit par un enfant.

 

Dans Toute la lyre (1888 et 1893)

 

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