« Chanson » de Saint-John Perse

Poème de Saint-John Perse (1887-1975) – GUADELOUPE (France)

Mon cheval arrêté sous l’arbre plein de

tourterelles, je siffle un sifflement si pur, qu’il

n’est promesses à leurs rives que tiennent tous

ces fleuves. Feuilles vivantes au matin sont à

l’image de la gloire…

Et ce n’est point qu’un homme ne soit triste,

mais se levant avant le jour et se tenant avec

prudence dans le commerce d’un vieil arbre,

appuyé du menton à la dernière étoile,

il voit au fond du ciel de grandes choses pures

qui tournent au plaisir.

Mon cheval arrêté sous l’arbre qui roucoule, je

siffle un sifflement plus pur…

Et paix à ceux qui vont mourir, qui n’ont point

vu ce jour.

Mais de mon frère le poète, on a eu des

nouvelles. Il a écrit encore une chose très

douce. Et quelques-uns en eurent connaissance.

Poème emprunté à http://www.poesie.net (Poésie Gallimard)

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