Poème de Claude Dussert (1947-) – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE

L’ennemi avançait dans les brumes du soir
Un à un les villages payent un lourd tribut
Les mères affolées sous leur jupe cachent
Les bébés qui n’ont rien connu de la vie
Mais qui savaient déjà ce que mort veut dire.
Les balles et les obus, déluge de ferraille
Inondent la forêt abattant les géants
Les renforts arrivent avec trop de retard.
Les jardins assoiffés de joliesses florales
Absorbent le sang frais des enfants écorchés.
Dans les ruines fumantes, un vieux tout cabossé
Tire des notes de haine de son bandonéon
Personne pour chanter au son de sa complainte
Mais des pleurs en cascades et des sanglots mourants.
Dans ces champs ravagés ne monte qu’une plainte
Des demains, des après ? Que la glaise à pétrir…
Les assassins en nombre envahissent les rues
Violent, ô misère ! Femmes et filles éperdues.
J’ai vu des loups féroces épargner les agneaux !
Mais ces hordes sauvages ne creusent que tombeaux.
L’Afrique à leurs yeux n’est digne d’un drapeau.
30 Juillet 2024