Poème de Rodrigue Hounsounou (1986-) – Partenaire d’AFROpoésie – BÉNIN
Je quitte mon pays, mon cœur en peine,
Pour chercher fortune, ailleurs malgré les chicanes.
Mais les conséquences de mon départ, je les connais ;
Dans les rues de la ville, je marche seul, un frère laid,
Un étranger parmi d’autres, sans famille, sans cœur.
Je cherche mon chemin, je cherche mon nom et mes mœurs,
Dans un pays qui m’accueille, mais qui me laisse dans le froid
Où je travaille dur, je sue sang et eau, sans droit
Pour envoyer de l’argent, à ceux que j’aime, là-bas.
Je pense à mon pays, à ma terre natale,
Aux visages aimés, aux voix qui me chantent.
La nostalgie me prend, comme une vague qui monte,
Les souvenirs qui me hantent jour et nuit, me sont fatals.
Je sens mon cœur se briser,
Comme une branche se cassée.
Je travaille dur, je gagne ma vie,
Mais les vices me guettent,
Comme des sirènes qui chantent.
La drogue, l’alcool, la solitude, les dettes, l’envie,
Je résiste, je lutte, je me bats pour rester debout, là-bas.
Le pays d’origine, il souffre de mon départ,
La fuite des cerveaux, la perte de talents, la douleur des adieux.
Mais le pays d’accueil, il bénéficie de mon travail, de mon art,
Je contribue à son économie, je suis un pion dans son jeu.
Je suis un migrant, un étranger, un autre,
Je cherche ma place, je cherche mon bonheur comme l’autre.
Je veux vivre, je veux aimer et être aimé, je veux être libre,
Mais les conséquences de mon départ, je les paie de mes fibres.
Je rêve de retour, je rêve de chez moi,
Mais le chemin est long, le chemin est vipérin.
Je marche seul, je marche loin,
Mais je garde espoir, je garde foi.

❤
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