Poème de Claude Dussert (1947-) – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE
Les exilés marchent les yeux à fleur de terre
La honte, la misère, en paquet sur leur dos
Ils viennent d’être jetés de leur propre vie
Fantômes dépossédés et tout enguenillés
Ils n’ont plus de toit et plus d’identité.
Ils trottent dans la nuit trouée de mil étoiles
Silencieux, accablés, angoissés, affamés
Même ceux qui n’ont rien sont prêts à partager
Les femmes malmenées ont les seins asséchés
Jetées vite fait dehors elles n’ont pu emmener
Que babioles misérables d’une vie de labeur
Elles marchent sans savoir où elles seront demain.
Courbées sous la torture et le poids des blessures
De leurs yeux larmoyants les enfants résignés
Questionnent leurs parents, que vont-ils devenir ?
Ils ne sont qu’un cortège aux visages fermés
Des fantômes d’errance, des chiens malfamés
Leur cœur ne bat plus que du sang d’amertume
Dans leurs corps flagellés, tuméfiés, épuisés.
Plus de terre, de maison, de foyer, plus rien
Ni devant, ni derrière, ni derrière ni devant
Tout autour l’horizon dépeuplé, saccagé.
«En temps de guerre les frappes chirurgicales relèvent souvent de l’erreur médicale.»
Rachid BENZINE dans L’Homme qui lisait des livres

❤
J’aimeAimé par 1 personne