« LE SILENCE A LE POIDS DES LARMES II » de Didier Colpin

Poème de Didier Colpin (1954-) – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE

Image NASA

Les pôles fondent à se gercer les lèvres

Les étés se réchauffent au souffle de l’enfer

L’Afrique étouffe de combats dérisoires

L’automne pleure à se noyer les yeux

L’Afrique souffre de batailles jumelles

L’hiver ne s’habille plus de son manteau de neige

L’Afrique s’enivre du non-sens des vents

Mais le printemps est là qui peinturlure la terre

L’Afrique doit se méfier des promesses douteuses

Et ne pas replonger dans les affres du temps.

Pendant ce temps de fuite et de désordre

Les villages s’embaument de fragrances graciles

Les villes manifestent à se froisser la gorge

Les métropoles se torturent aux mains des fricoteurs

Le monde entier se livre aux armes assassines

Mais le printemps est là qui bariole le ciel.

Bien avant que l’été rivalise d’ardeur

Que l’automne se pare de couleurs ocre et or

Que la neige blanchisse les crêts et les vallons

Que l’hiver pavoise à se glacer les pieds

Que des enfants pleurnichent dans tous les bidonvilles

Qu’aux quatre points du monde les armes pétaradent.

Le Silence des ombres a le poids des douleurs.

Faut-il pleurer, s’en réjouir ?

22 Janvier 2026

Laisser un commentaire