Poème de Thierry Quintrie Lamothe (1944 – ), à retrouver sur le blog partenaire Poesia Revelada

Seule dans la nuit,
dans le silence,
la pianiste-étoile avance,
elle s’arrête, elle tremble.
Elle a froid, elle frissonne,
elle entend une note,
puis une autre,
fragments de vie fugaces.
Elle avait cru toucher une épaule des doigts,
sentir un souffle près d’elle, un pas,
une parole, une caresse
et puis, plus rien, le vide !
Elle crie, elle l’appelle,
mais non, c’est le vent,
un faible écho dans le lointain,
l’ombre gagne. Rien, Plus personne.
Soudain, un son la guide,
ses mains délicates se posent,
ses doigts fragiles s’agitent
sur les touches blanches.
Doigts magiques à sculpter les notes,
l’andantino de la Sonate de Schubert
étreint sa gorge comme une larme
enfouie dans les plis de l’instant.
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Poème : ©Thierry Quintrie Lamothe
Décembre 2025
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Photographie : ©Hervé Hette