La nouvelle tombe

De Jean-Joseph Rabearivelo (1903-1937) – MADAGASCAR

crying

Ma tombe est toujours ma tombe,
mais mon cœur en est une autre
C’est ma tombe en dehors de la terre;
c’est ma seconde tombe.

Ce ne sont pas des herbes qui la cachent,
ni non plus une pierre-mâle
C’est ma chair pleine de soucis
qui la dissimule.

Mes vibrants soupirs, mes larmes
et mes sanglots incontenus
y jouent les revenants
et me hantent sans cesse.

Là sont les rêves conçus,
mais qui s’étaient dissipés brusquement
et invisiblement. Là sont les épaves
du bateau de l’Espérance.

Là les stances du Passé,
et chants de ma Jeunesse
sont ensevelis et ne se réveillent plus
Pas même pour donner un écho!

Là sont tous les projets
perdus et oubliés.
Là gisent les os de mes jours lointains
et de mes heures sans pouvoirs.

Là se décompose lentement la chair
Là elle flétrit
et tombe quoique jeune.
Là sont les morts – tous les morts.

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