Jérôme Aviron (1969-) – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE

Venus d’Afrique ou d’Asie,
Des embarcations de misère
Les portent bon an mal an, au gré de leur fantaisie
Sur les rivages de l’Europe, pour d’autres déserts.
Nombre d’entre eux, n’auront pour tout cercueil
Que les vents, et les flots enragés
Au milieu de multiples écueils
Sur lesquels, ils finiront de voyager.
Si loin de leur terre natale,
Les maigres rescapés
De ce combat frontal,
Sont dès leur arrivée happés.
Après les passeurs vénaux et sordides,
Voici les douaniers
Bien des fois humains mais jamais candides,
Qui les jettent au panier.
Mais quelle position adopter,
Face à ces nouvelles victimes
De notre monde anonyme et vagabond, qui a opté
Pour un bien être illusoire, de l’âme, ennemi intime ?
Le cœur et la raison, restent bons alliés
Pour guider nos choix vers plus de charité
Elémentaire, devant nos frères qui cherchent sécurité
Et liberté, dans nos pays où l’on aime toujours gaspiller.
Malgré nous, nous sommes en partie
Responsables, par nos longs silences
Au moins, de l’empilement sourd et insidieux des égoïsmes qui bâtit
Notre société, livrée aux abus de pouvoirs et à la haute finance.
Qui n’a pas connu l’exil,
Peut difficilement comprendre ce qui les presse
A prendre d’assaut nos îles,
Préférant mourir, plutôt que l’extrême détresse.
Nul homme ne pourra jamais ignorer son frère
Souffrant, icône vivante de Jésus crucifié,
Car même s’il n’est pas né du bon côté de la mer,
Dieu notre Père, l’un à l’autre nous a confié.
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