Chant de douleur

Kofi Awoonor (1935-2013) – GHANA

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Dzogbese Lisa m’a traité ainsi
Il m’a trainé par les épines de la forêt
Revenir n’est plus possible
Aller de l’avant est très difficile
Les affaires de ce monde sont comme les crottes du caméléon
Dans lesquelles j’ai marché
Je tente de les nettoyer mais elles restent.

Je suis dans le coin le plus reculé du monde
Je ne suis pas assis au premier rang avec l’important
Mais les chanceux
Sont assis au milieu et oublient
Je suis dans le coin le plus reculé du monde
Je ne peux qu’aller là-bas et oublier.

Mon peuple, j’ai été quelque part
Que je me tourne par là, la pluie me frappe
Que je me tourne par ici, le soleil me brûle
Le bois de ce monde
N’est que pour ceux qui ont assez de courage
C’est pourquoi tous ne peuvent pas en prendre.
Le monde n’est pas bon pour tous
Mais tu es si content de ton sort ;
Hélas ! Les voyageurs sont de retour
Tout couverts de dettes.

Quelque chose m’est arrivé
Des choses si grandes que je ne peux même pas pleurer ;
Je n’ai pas de fils pour tirer des salves à ma mort
Ni de fille pour se lamenter lorsque je fermerai mes lèvres
J’ai erré dans le désert
Le grand désert qu’on appelle la vie
La pluie m’a frappé
Et les épines des souches m’ont coupé, aussi tranchantes que des couteaux
Je vais aller là-bas et me reposer.
La mort a fait la guerre sur notre maison ;

Et la grande famille de Kepti n’est plus,
Il ne reste plus que la clôture brisée ;
Et ceux qui n’osaient pas le regarder en face
Sont sortis comme des hommes.
Leur fierté leur allait si bien.
Que ceux qui sont partis avant en prenne note
Ils ont traité si mal leur progéniture.
Pourquoi la complainte ?
Quelqu’un est mort. Agosu lui-même
Hélas ! Un seprent m’a mordu,
Mon bras droit est brisé,
Et l’arbre sur lequel je m’appuyais est tombé.

Agosi, si tu t’en vas là-bas, dis-leur,
Dis à Nyidevu, Kepti et Kove
Qu’ils nous ont fait du mal ;
Dis-leur que leur maison s’écroule
Et les arbres dans la clôture
Ont été mangés par les termites ;
Que le marteau les poursuit.
Demande-leur pourquoi ils se prélassent là-bas
Pendant que nous souffrons et mangeons la poussière.
Et le corbeau et le vautour
Tournent sans fin sur nos clôtures brisées
Et l’étranger marche sur notre parcelle.

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