Matin

Édouard Glissant (1928-2011) – FRANCE (Martinique)

Mangrove-Dubuc

Vos champs meurent, vos champs sans fin :
De branche en branche vers l’écho
Le rêve à peine est dans la fleur
Déjà le vent court au matin.


Un homme pleure à pleines dents
Humble des chiens badauds le flairent
Il médite corps en dérive
Dans la clairière de la foule.


Est-il, à l’orée des épaves
Un lieu de laves où l’aube neige
Par ses oiseaux démesurés,


Comme on voit les clartés en mai
Comme apaisement de marées
Ou comme un bouquet devient gué
. 

 

 

(« La terre inquiète« , 1954)

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s