La légende de Wazal

Joseph-Marie Ayssi Nga (1984-) – Partenaire d’AFROpoésie – CAMEROUN/FRANCE

WAZAL1« La légende de Wazal » est un conte qui a pour cadre l’Afrique et ce n’est pas qu’une histoire pour se divertir. Imager ce conte à travers la bande dessinée a aussi pour but de présenter cette partie de l’Afrique qui est la région du bassin du lac Tchad et les pays qui composent cette région, dont le Cameroun. Les paysages, l’architecture, les coutumes, les interdits, les rituels, les cultures vestimentaires, les étoffes, les accessoires, les coiffures, les couleurs de la vie quotidien… 

A travers la bande dessinée « La légende de Wazal » je raconte ma culture, ma source d’inspiration, mon don, ma passion pour la mode que j’ai reçu de mon défunt père, le couturier Ayissi Nga Pierre Célestin. 

 

Il était une fois, à l’Extrême-Nord du Cameroun, le petit village nommé Wazalville où vivait un peuple : les Wazalgeois. Dans ce petit royaume, riche en ressources naturelles et en traditions, les habitants vivaient en harmonie avec la beauté de la faune et de la nature qui les entouraient, de la terre rouge qui les nourrissait et des esprits qui les protégeaient. C’était un petit paradis sur terre, un véritable havre de paix où le vent doux faisait murmurer les feuilles des arbres et où le ruissellement des eaux miroitantes et le chant paisible des oiseaux apportaient un charme au décor des ses petites cases faites d’argile, de bois et de paille.

Les villageois étaient réveillés chaque matin au chant du coq. Les marchands ambulants arrivaient alors pour vendre des beignets de maïs et de manioc tant appréciés par les villageois. Ils avaient pris l’habitude, avant de se rendre aux champs, à la chasse ou à leur labeur, de s’assoir ensemble sur des bancs de touche appelés beignétariats : là, ils dégustaient, tout en devisant, les beignets-haricots-bouillie, le mets le plus apprécié de tous les Camerounais, riches ou pauvres.

Chaque village avait ses codes et règles. La légende raconte que malheur à celui qui ira cueillir des prunes ou des mangues dans la cour de son voisin sans sa permission : le malheur s’abattra sur lui et sa famille !

Chacun entretenait donc sa cour, le vent qui soufflait chaque nuit participait au nettoyage des feuilles. Pour tout visiteur extérieur, le village donnait l’impression d’un village robuste, difficile à conquérir.

Ses murs anciens laissaient paraître les différentes et nombreuses batailles déjà menées, et reflétaient une force majestueuse indescriptible. On pouvait voir sur les murs des temples des calligraphies qui véhiculaient des messages secrets.

Mais le secret de la beauté et de la force de ce royaume qui forçait l’admiration de tous et qui, par conséquent, attisait la convoitise, résidait dans la sagesse des anciens qui permettait d’assurer la pérennité du village.

Le roi du village, Wazalion était un homme d’une grande sagesse, patience et intelligence. Doux dans ses actes et ses paroles, il disposait d’une puissance et d’une maturité redoutables qui forçaient le respect. Aimé de tous, il n’hésitait pas à partir au combat afin de protéger ses terres et répondre aux besoins de son peuple.

C’est lors d’une embuscade que le bon roi Wazalion trouva la mort : le village avait été pris d’assaut. Wazalion cacha son épouse et son fils dans une cave secrète afin de les mettre à l’abri. Puis il réunit ses armées pour protéger le village. A l’aide de son armure et de son épée Wazall’âme, le roi Wazalion accompagné de ses soldats et de son fidèle ami Bantoutator se lancèrent dans un combat sanglant : Les ennemis arrivaient de toute part, on pouvait entendre les épées siffler.

Wazalion qui se sentait invincible grâce à son épée, partit à l’affront des ennemis sans même attendre ses troupes. Il saisit un adversaire pour l’étrangler, mais c’était sans compter l’arrivée du camp  adverse qui le mit à terre et le blessa à l’épaule. Wazalion, fulminant de rage, se releva et, affaibli, continua la bataille. Bantoutator qui de loin vit son ami blessé, tenta de lui venir en aide mais il fut empêché par les ennemis qui avaient fait une barrière autour de lui. De son côté, Wazalion seul aux prises avec une dizaine de guerriers, coupa la tête de cinq soldats grâce à Wazall’âme. Fort de son « succès » il ne vit pas arriver deux adversaires qui, avec traîtrise et lâcheté, le poignardèrent, l’un dans le dos, l’autre au ventre.

Bantoutator, venant à bout des assaillants, les habits en lambeaux, la figure en sang, arriva quelques minutes plus tard auprès de son ami. Mais le roi rendait son dernier souffle. Il laissait derrière lui un jeune fils, Wazal, qui signifie « lion, roi de la jungle ».

Bantoutator ayant échappé à la mort, meurtri par ses blessures et par l’humiliation, promit de venger la mort de son ami Wazalion.

La nouvelle de la mort du roi Wazalion se répandit très vite et les ennemis voisins s’organisèrent afin de partir de nouveau à l’assaut du village. Mais, c’était compter sans l’esprit de Wazalion ! Certes il était mort, mais son âme était toujours présente. Les meilleurs soldats furent choisis et élus par l’âme de Wazalion. Grâce à l’âme de Wazalion, on pouvait espérer qu’ils trouvent la force pour combattre leurs ennemis.

Rapidement, les Wazalciens et Wazalgeois du village se réunirent en conseil pour nommer le nouveau chef du village.

Comme le prédisait la prophétie, le courageux guerrier qui porterait ce titre serait assigné à la lourde et honorable tâche de protéger la terre des ancêtres et le secret de son « trésor » : le wazaliane, du nom de la grand-mère de Wazal.

Wazaliane était l’épouse de Wazalking, fidèle et toujours à ses côtés. C’était une femme sage, née de la tribu Margueritator, seule de cette tribu née sans marguerite sur la tête. Après sa mort, le roi Wazalking, par respect et par amour pour son épouse, voulut lui rendre hommage. Il décida de planter une marguerite sur sa tombe. Six mois plus tard, surpris de découvrir un parterre de fleurs sublimes, il demanda aux villageois d’en faire la récolte. Les fleurs étaient mélangées avec le sang de la reine. Ils créèrent alors une fibre transformée en fil tissé, utilisée pour la fabrication du tissu que les rois et Wazalciens portent aujourd’hui.

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En hommage à l’épouse de Wazalking réincarnée en fleur, ce tissu fut appelé wazaliane. Ce tissu magique très précieux, qui signifie « plus riche », était recherché et convoité par tous les villages voisins. Ce tissu procurait la sagesse et la protection à qui le revêtait.

Pour le décorer, il suffisait de prononcer un mot magique « wazalkaliflagilistik » que le roi Wazal connaissait : des messages géométriques et codés de Paix, Modernité, Fécondité apparaissaient alors.

Porter le tissu Wazaliane n’était pas un acte anodin ; en effet, l’étoffe servait également à fabriquer les costumes du roi et les tuniques des Wazalciens, en revanche les Wazalgeois n’y avaient pas accès.

Les palabres et délibérations pour nommer le futur roi de Wazalville furent ardues. Ceux qui connaissaient l’existence de Wazalstyle savaient qu’il n’était pas intéressé par le trône. Mais certains villageois estimaient que Wazal était trop jeune pour assumer ce rôle. Les anciens se réunirent une dernière fois.  A l’issue du conseil des Wazalciens, ils jouèrent du balafon afin de réunir tout le village. Un ancien monta sur une estrade afin que tous le voient et l’entendent parler :

« Mes sœurs et mes frères, la dernière embuscade laisse le village endeuillé par de nombreuses pertes. Notre roi Wazalion a hélas péri au cours de la bataille mais grâce à son courage et son héroïsme, il nous a sauvé la vie, à nous les rescapés de ce combat. Nous ne devrons jamais l’oublier. Notre navire est désormais sans capitaine et nous ne pouvons pas naviguer. Aussi, nous avons décidé de choisir un successeur à notre bon roi Wazalion au sein de notre village. Son fils, Wazal a retenu notre attention et nous avons choisi de le nommer Roi. Toutefois, compte-tenu de son jeune âge et de son inexpérience, nous devrons l’entourer de nos conseils et le guider dans ses fonctions. »

Wazal, fils du roi Wazalion et petit fils de Wazalking, fut donc nommé Roi de Wazalville.

Le roi Wazal aimait voyager et partir à la découverte d’autres mondes ; c’était quelqu’un de réfléchi et très curieux. Il était passionné par l’art et la nature. Au retour de chaque voyage, il rapportait des provisions à ses serviteurs.

Un jour, revenant d’un voyage épuisant, il décida d’aller se ressourcer dans les terres de ses ancêtres. Après quelques heures de marche, il entendit soudainement, et venant de très loin, un écho. Curieux il continua de marcher quand tout à coup l’écho retentit, et cette fois de façon plus audible :

« Wazal fils de Wazalion, j’ai un message pour toi. Je suis ton Ancêtre, souverain de la cité des anciens, premier roi de Wazalville, gardien, conseiller et protecteur, connu par tes pères sous le nom de Wazaldringo. »

Le roi, surpris, sursauta, mais l’Ancêtre lui parla d’une voix calme :

« N’aie crainte, je suis là pour te livrer un message de la part des Ancêtres ; Wazalville est en danger. »

« Je ne crains rien et je n’ai de leçons, à recevoir de personne ! Wazalville est un village paisible, j’en suis le roi incontesté. Nul ne viendra troubler notre quiétude. » 

« Je te demande de me faire confiance et de m’écouter. L’heure est grave. Ne t’obstine pas, ne te crois pas invincible et capable de faire abstraction du conseil de tes ancêtres. » 

« Je connais parfaitement l’histoire de mes ancêtres, tu es un imposteur et je te demande maintenant de retourner d’où tu viens. »

« Soit ! Fais comme il te semble ! Sache que si tu le souhaites vraiment, il te suffira de m’appeler dans tes songes pour entendre le message de tes ancêtres. »

Wazal n’eut pas le temps de répondre, la Voix s’était évaporée. Quelque peu perturbé par l’Intrus mais néanmoins courroucé, il reprit son chemin pour retourner au village. Il ne fit part à personne de cette « rencontre » et pensa vite oublier la « mésaventure ».

Si pour le roi ses journées se déroulaient paisiblement, comme habituellement, en revanche ses nuits devinrent de plus en plus agitées. Des rêves étranges de pouvoirs occultes, de guerre, d’incendie, d’attaque de son royaume venaient hanter son sommeil. Pour fuir ces cauchemars, le roi se mit à veiller, mais sans pour autant faire de lien avec sa rencontre avec Wazaldringo. Après dix nuits d’insomnie, exténué, il alla voir les anciens pour trouver la clef de ses songes. Un des anciens qui possédait un don de clairvoyance perçut tout de suite la situation de Wazal. Il ne lui donna qu’un conseil : faire appel, dans ses songes, à Wazaldringo.

Wazal, furieux, repartit obstiné et bien décidé à se débrouiller seul car même les anciens ne lui faisaient pas confiance ! Il lui fallut encore une semaine de veille pour entrevoir la nécessité d’écouter les anciens et de solliciter Wazaldringo. Il était exténué, irritable, son esprit était confus, son entourage ne le reconnaissait plus !

Humblement, il implora Wazaldringo, il lui assura être prêt à recevoir ses conseils pour protéger son peuple. Alors, la Voix de l’Ancêtre revint la nuit suivante pour lui conter ses enseignements :

« Je suis venu t’enseigner comment entrer en possession de tes pouvoirs »

« Mais de quels pouvoirs parles-tu ?  Est-ce en lien avec les menaces sur Wazalville ? »

« Tu dois protéger ton village comme tes ancêtres l’ont toujours fait ainsi que l’étoffe précieuse wazaliane que tu portes. »

« Mais je suis un voyageur, je ne suis pas digne d’être un héros ! »

« Tu es le digne fils de Wazalion, donc tu es digne de ta mission et de ce que l’on attend de toi, selon la prophétie. 

Ils conversèrent longuement, la confiance s’installa et l’Ancêtre lui conta la prophétie :

« Juste avant de mourir, ton père Wazalion a demandé à ne pas être enterré. Les Wazalciens ont respecté son vœu et ils eurent l’idée, afin de le protéger, de conserver son corps au creux d’un moabi, appelé arbre de vie. C’est un arbre rare et sacré. Mais après quelques semaines, un jour que les anciens vinrent se recueillir sous l’arbre, ils eurent la surprise de découvrir à la place du corps du roi, une huile de couleur fauve, rappelant la couleur du pelage du lion, mélangée à la sève de l’arbre.

Les anciens se réunirent plusieurs fois afin de réfléchir à l’utilisation de cette huile et sur mes conseils, ils décidèrent de verser l’huile dans la rivière qui coule le long de la terre de tes ancêtres. Lors de leur concertation, j’ai signé un pacte avec eux afin que personne ne s’aperçoive de la disparition de la tête de Wazalion.

Cette huile est le symbole de la puissance de ton père, tu dois la récupérer. Pour cela, tu devras nager jusqu’au milieu du lac Tchad, un des plus grands lacs du monde et dont les eaux sont douces ; tu verras alors une tâche ayant la couleur du lion. Tu plongeras au milieu de cette tâche d’huile et la magie opèrera alors : tu auras des cheveux nattés en forme de queue de lion et une épée gravée sur le haut du dos, il s’agit de l’épée Wazall’âme, qui signifie respect, puissance et créativité. Grâce à cette épée, qui se transmet de père en fils, tu possèderas le pouvoir, la force, le courage et la rapidité de mille lions.

Je dois te conter encore l’histoire de cette huile magique : le père de Wazalion, ton grand-père Wazalking, était guérisseur. Il savait composer de savants mélanges de potions afin de guérir les siens. Afin de protéger son village, ton grand-père élaborait un mélange de toutes les herbes et huiles qui se trouvaient dans sa cave. Il souhaitait aussi multiplier ses forces. Avant de tester sa potion, il fallait la laisser mijoter doucement. Il s’éloigna quelque temps de la cave. Mais ton père, qui rentrait de voyage alla directement voir son père à la cave ; trouvant une marmite entrain de bouillir, curieux du contenu, il goûta sans réfléchir à la potion. Aussitôt, Wazalion se mit à tousser puis il ressentit un malaise. Après quelques minutes il se ressaisit et se leva. Mais quand il regarda autour de lui, il découvrit avec effroi le sol à deux mètres de son corps : il planait !

Il tenta en vain d’appeler son père : aucun son ne sortait de sa gorge. Son père, loin d’imaginer le retour de son fils, mais cependant doté d’un sixième sens s’enquit auprès d’un serviteur afin de vérifier son intuition : son fils, de retour en effet et le cherchant, s’était rendu à la cave ! 

Ton grand-père Wazalking, se souvenant subitement qu’il avait laissé la marmite sur le feu, se rendit aussitôt à la cave. Il trouva son fils qui planait dans les airs, à dix mètres du sol. Il fit reculer au fond de la pièce son serviteur puis il prononça une formule magique : il utilisa trois lettres « wzl » pour communiquer avec les ancêtres. Trois minutes plus tard, Wazalion sortit de son emprise et atterrit, ébaubi, sur un banc. Wazalking le confia au serviteur afin de l’emmener dans sa chambre. Il prit le temps d’éteindre soigneusement le feu et de ranger la cave. Wazalion, dans son sommeil entra en communication avec sa défunte mère Wazaliane. Elle lui annonça la mort prochaine de son père et qu’il en serait le successeur. Elle lui expliqua également qu’il devrait se rendre en haut du Mont Cameroun, appelé Montagne des dieux afin de rencontrer le Bantoutator, guerrier Bantou qui a combattu aux côtés du roi, afin de récupérer ses pouvoirs et d’apprendre à les maîtriser. Ce sera ta première mission.

De la même façon pour toi, après avoir récupéré les pouvoirs de ton père, tu devras retourner au village, et afin de prendre les bonnes décisions, tu devras toujours être en harmonie avec les Wazalciens pour prendre soin du peuple. En effet, les Wazalciens sont les Sages du village, ne l’oublie jamais, même si tu es le roi, leur sagesse est incomparable. 

Mais avant cette première épreuve, je dois te livrer encore un autre secret. »

« Mais, fais donc, allons-y ! »

« Tu as un petit frère : Wazalstyle »

« Un frère ! Mais je suis fils unique ! »

« Il a été conçu hors mariage ; il a toujours vécu à Wazalville. Il a hérité d’un don de créateur : c’est lui qui a confectionné toutes les tuniques et vestes du village, ainsi que celle que tu portes aujourd’hui. La couronne ne l’a jamais intéressé. »

« Où est-il ? 

« Les Mécanikators alliés aux Futurators, l’ont pris en otage lors de la dernière attaque contre Wazalville. » 

« Mais qui sont-ils, que cherchent-ils, que lui veulent-ils ? »

« Dans un village lointain, vivent deux tribus, les Mécanikators, et les Futurators : on les appelle ainsi car leurs armures sont fabriquées à l’aide de pièces mécaniques de moteur, un mélange de mécanique gladiateur et terminator.  Un jour, les Mécanikators alliés aux Futurators ont lancé une attaque contre le village de Wazalville car ils souhaitaient récupérer la racine du tissu protecteur. Ils utilisent les dons de ton frère afin de gagner des concours face aux autres créateurs. Il est maintenu attaché par des chaines aux poignets avec des électrodes sur le corps et sur le crâne. Et surtout, ils cherchent à conjurer la prédiction entrevue par Futurator : leur perte lors de la prochaine attaque. Ils veulent donc s’emparer de la racine du tissu wazaliane et avoir ainsi tous les pouvoirs pour être à la tête de tous les empires.  

Ta seconde mission sera donc de sauver ton frère. »

« Mais comment le pourrais-je, je ne le connais pas ? »

« Wazalstyle a le crâne nu et sur le haut un « W » »

Les premiers entraînements commencèrent pour Wazal car Wazaldringo voulait qu’il soit prêt pour l’ultime combat.

Il prit la route pour se rendre au mont Cameroun, la montagne des dieux. Il devait y rencontrer Bantoutator chargé  de lui donner des enseignements. Lors de son voyage qui dura trois jours, il fut pris dans de nombreuses embuscades, sans compter les éléments naturels qui semblaient se déchaîner sur son passage : tempête, vent, orage, tornade !

Il arriva enfin au Palais de Bantoutator, sain et sauf.

Il fut accueilli par son épouse Marie, Bantoutator étant parti chasser. Wazal se présenta à elle comme le jeune roi de Wazalville.  Il fut étonné et agréablement surpris d’entendre que son nom lui était familier, elle semblait connaître l’histoire de ses ancêtres et son hospitalité lui apporta beaucoup de réconfort. Ils devisèrent ainsi quelques heures jusqu’à l’arrivée inopinée de Bantoutator, la besace chargée de gibier.

 Après de brèves présentations les deux hommes se retrouvèrent seuls pour échanger et Bantoutator présenta son programme d’enseignement à Wazal :

« Ton père était un grand homme et mon ami. Nous nous sommes toujours soutenus. Il a été tué lâchement, aussi ai-je promis de le venger. Tu as hérité de ses pouvoirs et je suis là pour t’apprendre à les maîtriser. Toutefois, avant tout, tu vas devoir prendre trois jours de repos. Il est inutile de protester, cette règle est nécessaire et indispensable à la réussite de ton enseignement. Elle est non négociable. Après trois jours au cours desquels, aidé par mon épouse, tu te nourriras,  tu dormiras, tu seras à l’écoute de ton bien-être, nous prendrons la route au lever du soleil, quand le coq aura chanté trois fois. Nous marcherons jusqu’au sommet du mont Cameroun. Ce sera pour nous l’occasion de faire plus ample connaissance. La Montagne des dieux est un lieu où, grâce à l’énergie cosmique mais également à une grande concentration, on rentre aisément en communication avec les dieux. Tu as un atout pour toi, tu as un esprit positif et tu as un don que tu dois mettre au service du bien. »

Après ces trois jours entièrement consacrés à son confort, Wazal était serein et joyeux.

Comme prévu, à l’aube du 4ème jour, ils prirent la route pour commencer leur ascension vers la montagne des dieux. Ils durent faire plusieurs étapes au cours desquelles Bantoutator commença son enseignement. Pour manger, ils devaient chasser.

Wazal était un bon chasseur mais la technique de Bantoutator était nouvelle pour lui. Il fallait construire des pièges. A l’aide d’une machette, ils se frayaient un chemin en coupant les herbes et les arbres. Wazal dut apprendre à tenir parfaitement la machette, en imaginant déjà des futurs adversaires qui profiteraient d’une seule faille pour le désarmer. Caché pour surprendre le gibier, il apprit à se servir des flèches. Ses premières tentatives furent un échec. Wazal était vexé, sa réputation d’excellent chasseur était en cause ! Bantoutator, connaissant la jeunesse et la fougue de son disciple, l’invita à se calmer, à respirer et à se concentrer.

Ses conseils portèrent leurs fruits, Wazal visa en plein cœur un phacochère. On pouvait lire dans son regard un éclair de satisfaction lorsque Bantoutator le félicita. Ils découpèrent ensemble le gibier, en mirent une partie dans leur sac et enterrèrent le reste afin que la viande ne se gâte pas et pour avoir des réserves. Arrivés à leur campement, ils firent un feu de bois pour faire cuire les grillades et reprendre des forces.

Après quelques jours de ce programme intensif d’entrainement, ils arrivèrent enfin à la montagne des dieux, un endroit somptueux, lieu de rassemblement de tous les esprits bienveillants. Wazal resta sans voix devant tant de magnificence. Accompagné par Bantoutator, il monta sur une colline où se trouvait le monument de l’Alliance. Il dut fermer les yeux et se concentrer afin de rentrer en communication avec les esprits et de percevoir ainsi les secrets pour la réussite. C’était là une épreuve encore bien plus difficile que celle de la chasse. Après un long moment de vaine concentration, il était déjà découragé.

Bantoutator, l’invita à la patience. Il lui conseilla de penser à l’histoire de sa famille, d’accompagner ses pensées par des respirations profondes. L’exercice dura longtemps. Soudain Wazal entra en transe et se mit à crier. Il vit dans ses songes, la manière d’utiliser son épée Wazall’âme, gravée sur son dos. Il lui fut alors révélé la façon de se saisir de son épée, de l’utiliser et de combattre l’ennemi à la manière des anciens.

Après quelques heures son corps se mit à trembler. Bantoutator prit l’huile récoltée sur le moabi pour embaumer et masser son corps. Wazal était épuisé, mais les entrainements n’étaient pas terminés ! Il devait descendre dans l’arène afin de mettre en pratique les techniques perçues dans ses songes.

Dans l’arène, Bantoutator l’attaqua par surprise. Wazal fut projeté et atterrit sur la cime d’un arbre. Vexé et fâché, il voulut riposter, en vain. L’effet de surprise l’avait désarçonné. Ce fut l’occasion pour Bantoutator de lui enseigner l’art de la feinte afin de déjouer les pièges et la lâcheté de l’ennemi.

Au coucher du soleil, Bantoutator mit fin à l’entraînement. Ils prirent le chemin pour rentrer au campement. Ils se restaurèrent avec une partie de la réserve du gibier afin de reprendre des forces.

Les jours suivants les exercices portèrent sur l’apprentissage de l’équilibre et du vol dans les airs afin de maîtriser les pouvoirs occultes utilisés par ses adversaires.

A force de patience et de courage, et grâce aux conseils avisés et à l’enseignement remarquable de Bantoutator, Wazal apprit la stratégie, les techniques et la rapidité nécessaires pour se montrer digne de sa mission de chef du village et crédible auprès des anciens.

A son retour au village il se présenta aux Wazalciens qui ressentirent aussitôt le changement profond de leur roi. Il avait mûri, il était prêt à défendre le village contre les ennemis et à venger son père Wazalking. Wazal décida de créer une armée puissante qu’il nomma « montagne des dieux » à l’image de ces soldats grands et robustes.

S’inspirant de la tradition des Ancêtres, il enseigna à tous le wazalangua : il s’agissait d’une langue ancienne et codée : il suffisait d’ajouter « wazal » avant une phrase ou un mot. Ce langage permettait de repérer les espions.

Il travaillait dur, était aussi à l’écoute et ne se laissait distraire par personne. Excepté par cette jeune femme qui entrait au palais avec sa mère, la servante qui accomplissait des tâches ménagères du  feu roi Wazalion. Appelée Eliane, elle venait souvent aider sa mère. Wazal éprouvait des sentiments pour elle,  mais n’osait pas le lui dire, ni même se l’avouer. Un jour à son réveil alors qu’il faisait le tour de son royaume il entendit les cris d’une jeune fille et de plusieurs hommes. Il se précipita au palais et ouvrit la chambre d’où venaient les cris : Il vit deux hommes autour de la jeune servante.

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« Qui êtes-vous, que lui voulez-vous ? »

« De quoi te mêles-tu jeune homme ? Nous avons ordre de la capturer. » 

La jeunesse fille, leste et rapide comme l’éclair, profitant de l’irruption de Wazal, donna un coup de pied au premier homme mais le deuxième se précipita sur elle et en profita pour lui fixer une puce sur l’épaule. Elle dut les maîtriser sans même l’aide du roi. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, le tour était joué. Aussitôt après elle s’en prit à Wazal :

« Deux hommes veulent me kidnapper, et toi tu converses avec eux, au lieu de me  venir en aide. Sache que je n’ai peur de personne ni de rien. On m’appelle la Rebelle ! »

« Tu as raison je te présente mes excuses, mais qui t’a appris à te battre ? J’aime ta façon de te battre. Mais que faisais-tu dans la chambre seule, sans ta mère ? »

 « Quand ma mère n’est pas là je la  remplace. »

« Et les hommes tu les connais ? » 

« Non ! »

Le roi appela les gardes pour aller à la recherche des deux hommes afin de les enfermer. Mais ils étaient déjà bien loin et les gardes revinrent bredouille.

Aussitôt les espions prirent la route vers la tribu des Mékanikators afin de faire le compte-rendu de leur mission. Les Mécanikators et Futurators  les attendaient avec impatience et espéraient des bonnes nouvelles. Les espions humiliés et honteux de leur échec face à une femme, rapportèrent une histoire des faits, quelque peu transformée : ils n’avaient pas pu capturer Eliane car le jeune roi avait surgi et tout mis en œuvre pour les en empêcher. Après un long et rude combat, ils avaient dû prendre la fuite, non sans avoir auparavant installé la puce sur l’épaule de la jeune fille. Les Mékanicators, furieux de cette défaite, brûlèrent leurs oreilles, et ils se concertèrent avec les Futurators en vue d’échafauder un nouveau plan…

Bande dessinée bientôt disponible!

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Le quotidien des Wazalgeois

Parmi les Wazalgeois il y avait quelques soldats du roi Wazal ; ils passaient beaucoup de leur temps libre à jouer au rugby. C’étaient des hommes  robustes, ils aimaient les sports qui faisaient appel à la force physique. En guise de maillot, ils revêtaient des tuniques pour jouer au rugby et également afin de plaire aux femmes. Ils avaient créé une technique de jeu unique et très particulière. Le roi prenait beaucoup de plaisir à les regarder jouer, perché sur la tribune avec quelques Wazalciens. C’était aussi l’occasion pour lui de choisir les meilleurs soldats.

Certains Wazalgeois aimaient cultiver, pêcher et chasser

Les personnages, symboles et tribus

Wazaldringo : l’Ancêtre

Wazalking : père de Wazalion

Wazalion : Fils de Wazalking et père de Wazal et Wazalstyle

Wazal : fils du roi Wazalion

Wazalcien : les anciens

Wazalstyle : demi-frère de wazal

Wazallionne (née …) : femme de Wazal

Wazall’âme : épée de Wazal

Wazaliane : épouse de Wazalking et mère de Wazalion – tissu protecteur et magique

Mécanikators : tribus voisines – hommes avec un mélange de mécanique gladiateur et terminator

Futurator : tribus voisines : des méchants

Margeritator : femme mi humaine mi fleur inspirée d’une fleur  marguerite

Toureiffelysée : un mélange de tour Eiffel et de champ Elysées

wazalkaliflagilistik : mot magique pour faire apparaître des dessins géométriques

Marie, épouse de Bantoutator

Bantoutator : guerrier Bantou et ami de Wazalion

Les tribus  

Mécanikator

Futurator

Toureiffelysée

Margueritator

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