Simplement un instant

Jean Sénac (1926-1973) – ALGÉRIE

Hyakinthos

Simplement un instant pouvoir poser ma tête

Sur ton cœur et penser que tout n’est pas si vain,

Et me réconciliant avec des joies honnêtes,

Oublier que l’amour trompe plus que le vin .

.

Approcher lentement mon désir de tes lèvres,

Les effleurer, garder ton haleine sur moi,

Agrandir ta pupille au-delà de la fièvre

Et que ton œil si grand soudain paraisse étroit.

.

Tu fuis, ta gentillesse est nerveuse et complice

De mon geste qui donne à ta peau son éclat.

Tous les ruisseaux du Sud ont couru sur tes cuisses

Et l’ongle de la mer a lacéré tes bras.

.

Poulain des sables francs, tu mords et tu rutiles,

Tu gambades, naïf aux rires de copeaux,

Ton corps est ce long golfe où la raison s’exile,

O toi qui ris lorsque je dis que tu es beau !

.

L’aube va se lever avec ses coups de pioche,

Chacun de son côté s’enchaîne à son travail,

Mais moi je porterai ton regard d’eau de roche,

Et toi, garderas-tu ma main sous ton chandail ?

 

 .

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