Théodore Gaëtan Badjo (1995) – Partenaire d’AFROpoésie – TOGO

Quand le soleil reprend ses droits, nos parents se mettent à table.
Des parents plus âgés que ne le sont la plupart des grands-parents
Ces visages charnus, derrière leurs yeux malades et leur sourire blanc
Se dissimule la haine d’une contrée médiocre aux princes aveugles.
Leurs photos suspendues aux murs témoignent d’un printemps néanmoins gai.
Les mères, dans leurs airs de battantes sont dans une inquiétude perpétuelle.
Les frères ayant deviné l’affliction, ont allumé de tout bois le feu de l’aventure infernale
Ici, quoique douce et pure, l’atmosphère reste morose ; nous ne désirons aucune paix !
Nos aïeux ont fait des choses : ils ont réussi à faire vivre des morceaux de bois taillés
Ici, la foudre se manie comme un cheval sur les quatre coins de la volte,
L’homme devient un être capable dans un endroit pernicieux, d’une baguette offerte.
Nous vivons la vie que la nature nous prête, aucun arbre ne tombe quand nous voulons
Nos parents se retirent un jour et se dissipent dans le silence des souvenirs de nos rejetons ;
D’épouvantables reptiles pendant aux vieux murs en pierre, divinement écaillés.