Paroles sans suite

Poème de Guy Tirolien (1917-1988) – GUADELOUPE (France)

Illustration: représentation de l'océan Atlantique du globe de Martin Behaim (Die Gartenlaube, 1892)

Die_Gartenlaube_(1892)_b_179.jpg

Est-ce ivresse déjà que vos rhums m’ont versée

ou si c’est la magie du pays retrouvé

voici gronder en moi

sourdement

sourdement

tous les volcans de mon passé

et voici s’épanouir

pâles fleurs explosant parmi la paix du soir

tous les fantômes qui furent moi…

C’est ici qu’une erreur guida leurs caravelles

et que beaucoup moururent sous les mancenilliers

d’avoir voulu goûter à la douceur des fruits.
L’or qu’ils venaient chercher, ils ne l’ont point trouvé

mais moi, je suis venu pour faire pousser de l’or

je ne me rappelle plus d’où

un jour, je suis venu pour faire pousser de l’or

je ne me rappelle plus quand

et dès le pur matin sifflait le vol des fouets

et le soleil buvait la sueur de mon sang.

(1945)

 

in, Léopold Sédar Senghor : « Anthologie de la nouvelle poésie 

nègre et malgache de langue française »

Presses Universitaires de France, 1948

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