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L’armistice

Poème de Léon Dierx (1838-1912) – LA RÉUNION (France)

Tableau d'Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville, 1873. Titre : Les dernières cartouches. Illustration de la défense de l'Auberge Bourgerie à Bazeilles par le Division bleue, le 1er septembre 1870.

1024px-Alphonse-Marie-Adolphe_de_Neuville_-_Les_dernières_cartouches_(1873).jpg

FÉVRIER 1871

A A. Vacquerie.

Quelle nuit, ô mon âme ! et quel silence ! Écoute !
La diane héroïque hier encor battait !
Voilà donc la rançon que le pain blanc nous coûte !
Contemple Paris qui se tait !

Superbe, aux longs échos de ses vingt citadelles,
Hier encor Paris, debout sur ses remparts,
Caressait des canons fidèles.
Ô stupeur, qu’après eux laissent les grands départs !

Le camp sublime, hier plein de veuves sans larmes,
Se roidissant dans sa fierté,
Il se tait, noir désert plein de soldats sans armes,
Prison morne sur qui pèse un rêve hébété !

 Ô nuit faite pour les fantômes !
Ressuscite les vieux Français ! Ah ! cache-nous,
Nous vers qui rayonnaient ces flèches et ces dômes,
Nous, les vivants muets de Paris à genoux !

Ô nuit ! qui donc s’en va ? Qui nous quitte ? — Ô silence !
Qui donc râle ? Qui donc est mort ?
Liberté, gloire, orgueil du drapeau sur sa lance,
Qu’êtes-vous devenus aux rafales du Nord ?

Inextinguible amour ! Aïeule ! idolâtrie
Des morts fameux ! Ô France ! héritage sacré !
Berceau ! Terre sainte ! ô patrie !
Ô Christ des nations par vingt Judas livré !

 

 

In Les paroles du vaincu

 

 

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