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Autoportrait en automne

Poème de René Depestre (1926-) – HAÏTI

Illustration: un radeau à Lychen dans le Brandebourg, par Vater von Oktaeder

Floss.jpg

Frère des animaux et des arbres innocents c’est au poète d’annoncer le nouvel espoir et la beauté rendus à l’en-marche des hommes.

L’homme qui aime la vie a le sang relié au feu, au fleuve, au roc et à l’azur du ciel.

L’époque – féroce et sensuelle – s’avance vers lui pour lui dire :
Ton atelier va à la déroute !

libre à vous d’écouter mon histoire sans y croire :

partout où j’ai été j’ai tué mes huîtres

pour payer avec des poèmes les dettes du
Sud.

J’ai connu au
Nord le goût amer de la vie

j’ai vu l’Ouest brûler en moi tous ses vaisseaux

tandis que l’Est enfonçait ses griffes dans ma gorge.

Partout ma charrue a été mise à l’épreuve.

Où aller maintenant ?
Où porter mes outils ?

une fois de plus : blessé à chaque porte où je frappe,

gavé de soleil au flanc de mes soirs de pluie,

je me laisse pousser dans le pin maritime

qui sert de bateau à la dérive de mes songes

 

 

Poème tiré du blog http://www.poemes.co

 

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