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Hoc verat in votis

Poème d’Auguste Lacaussade (1815-1897) – LA RÉUNION (France)

 Différentes orchidées, F.A. Brockhaus (1892)


Sous le tranquille azur du plus doux des climats,

Une humble maisonnette au bord de la Dumas ;

Une humble maisonnette aux persiennes blanches,

Sous un réseau fleuri de liane et de branches,

Où je puisse, à midi, rêvant au bruit des eaux,

Mêler ma poésie aux rimes des oiseaux ;

A droite, une rizière où le bengali chante ;

D’un vieil arbre, à mon seuil, l’attitude penchante,

Où, tous les ans, viendront les martins au bec d’or

Suspendre leurs doux nids et couver leur trésor ;

Un jardin clos d’un mur où rampe la raquette ;

Une ruche et des fleurs dont l’oiseau vert becquette

La poudreuse étamine et l’odorant émail ;

Des buissons d’orangine aux perles de corail ;

Un parterre où toujours j’aurai de préférence,

Des roses du Bengale et des muguets de France ;

Une tonnelle verte à l’ombre des lilas,

Dont la fleur m’est si douce et meurt si vite, hélas !

Des livres, une femme, heureuse et jeune épouse,

Avec deux beaux enfants jouant sur la pelouse ;

Et, fermant de mes jours le cercle fortuné,

Le bonheur de mourir aux lieux où je suis né !

Poèmes et Paysages, Alphonse Lemerre, éditeur, 1897, Poésies d’Auguste Lacaussade, tome 2 (p. 168-169).

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