Évidence d’un cabicha

Poème de Philippe Thoby-Marcelin (1904-1975) – HAÏTI

La bananeraie d’Auguste Renoir, 1881. Musée d’Orsay.

Le canal d’août faisait
Barbu barbelé
Un songe d’herbes
De bananeraie
De coupole bleue.

Des mangues persuasives
Des goyaves aigrefines
Mon bel ange révolté ô Raisonneur
C’était la mode annuelle
Mais on lynchait encore en Virginie
Et j’avais grand goût de toi Liberté

Une brise équivoque
Trancha la question
Elle m’induisit dans le vert de midi
Et la nonchalance chevelue
Et cette douceur de cuisses fraîches.

Puis séché
Au gré de la sucrerie
Je m’enfonçai corps et biens
Dans un lit de café doux
Comme un sein de nourrice noire

Je pensais t’enseigner la bienveillance
Mais ce n’était qu’un amour de fumée
Au réveil on n’était plus là
Croyez-moi si vous avez souffert
Au pays du Bondieu bon
Ne le dites à personne.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s