Texte d’Amadou Lamine Sall (1951-) – SÉNÉGAL

L’art doit se refuser à l’art dans un dépassement mouvant, pour toujours renaître, évoluer, étonner, émerveiller. C’est dans l’insolence du génie créatif et l’extravagance que l’art se tisse. C’est un don de saisissement et de provocation. C’est un court-circuit électrique, une foudre. Que l’on se rappelle dans l’histoire de l’art et ses surprises légendaires, l’artiste Marcel Duchamp qui avait « envoyé une pissotière à un jury américain en déclenchant une révolution esthétique. » on pense aussi dans le contexte de l’après guerre à cette émergence d’un art américain, une sorte « d’expressionnisme abstrait » avec des peintres comme Jackson Pollock et Barnett Newman dont nous sommes allés voir, il y a peu d’années, les œuvres exposées à la Fondation Vuitton à Paris.
S’agissant de foudre, j’ai eu le coup de foudre, depuis la dernière Biennale de l’art contemporain, pour un artiste de chez nous : Balla Ndao, de son nom. Il est sculpteur et on reparlera de lui, puisqu’il a déjà remporté le premier prix de la 12ème édition du Salon national des arts visuels dans le cadre de l’exposition principale avec le premier prix du président de la République qui lui a été décerné. pour son œuvre « Bet bu set ci jant bu fenk ». Celle-ci, en forme d’œil, parle principalement du digital et des opportunités pour le Sénégal et l’Afrique. Cette œuvre, d’une dimension de 1m 40 pèse 40 kg et est faite de résine, d’inox, de verre, de plastique et d’autres matières mixtes. Elle invite à un monde digital plus humain. Il s’agit, à cette ère du numérique, de suspendre le temps pour capturer l’instant par le regard… Balla Ndao est un sculpteur dont la pratique artistique se concentre sur la création d’œuvres en volume, souvent monumentales, qui explorent des formes humaines et organiques. Ses sculptures se distinguent par l’utilisation de matériaux robustes et texturés, comme le métal et d’autres substances modelées pour créer des reliefs et des silhouettes expressives… Installé dans un contexte urbain et naturel, Balla Ndao intègre dans ses œuvres une dimension qui dialogue avec l’environnement, mêlant la force brute de la matière à une certaine poésie visuelle. Son travail témoigne d’une maîtrise technique qui laisse transparaître une recherche approfondie sur la matière et la forme… À travers ses sculptures, il propose une réflexion sur la présence humaine et ses empreintes, invitant le spectateur à une expérience sensible et contemplative. Son parcours artistique, marqué par une évolution constante, témoigne d’un engagement profond envers la sculpture contemporaine. » souligne dans un brillant article, Babacar Sy Seye, journaliste et critique de cinéma.
Une nouvelle génération arrive avec des maîtres qui s’affirment dont Balla Ndao ! Il apporte au Sénégal et à l’Afrique une nouvelle exigence et un éclat créatif hors pair. Ce sculpteur nous sculpte une nouvelle histoire de l’art contemporain sénégalais ! Sa touche imaginaire est éblouissante et les matériaux qui y participent fascinent et étonnent. C’est bien d’une nouvelle et bien singulière touche artistique qu’il s’agit avec Balla Ndao. Cet artiste est flamboyant ! Ses œuvres nous bousculent, elles sont intenses, haletantes de force, inspirées et inspirantes. Balla Ndao arrive comme un puissant déménageur, un redoutable sculpteur et praticien ingénieux d’espaces ! Doué, audacieux, maître et poète du métal, il culmine dans son art. Il a mis la barre très haut et on jugera sur pièce à la prochaine Biennale de l’art à Dakar, en novembre 2026 ! Ne manquez pas l’éblouissement et le bouche bée ! Balla Ndao, c’est bien l’artiste du coup d’État de l’art ! C’est une esthétique folle, rare, libre, qui devance son temps. Balla Ndao trouble notre vision tranquille de l’art pour ceux qui se suffisent du peu ! Balla Ndao c’est de l’avant-garde ! Il enjambe les remparts et surprend. Son « imposture » artistique fascine ! Balla Ndao révolutionne tout !
Aux critiques d’art de quitter l’académisme pour s’adapter aux nouveaux rites artistiques. Sont arrivés les « voyous », les « violeurs », les « marginaux », c’est -à -dire ceux qui viennent nous tracer dans l’art de nouvelles autoroutes plastiques sans tracés ni péages. Il faut s’agripper pour être à l’heure ! Balla Ndao change les fuseaux horaires et les fuseaux visuels ! Un jeune monstre sacré est arrivé. Il redit le génie créateur de nos artistes qu’un musée d’art tarde à Panthéoniser ! Pardi, qu’attends-t-on donc ? Balla Ndao nous étale un art dominant. La sculpture est définie, en effet, comme « un art visuel en trois dimensions, volume et relief, consistant à façonner, tailler, modeler ou assembler des matériaux : pierre, bois, métal, argile, pour créer des formes. Elle englobe la statue, les reliefs et se distingue par son occupation de l’espace. » C’est cet art que notre regretté Ousmane Sow a porté à son point culminant et fasciné le monde. Balla Ndao est arrivé ! Il laissera un nom, il sculptera un pays différent que celui que la politique sculpte et que le vent vite efface. La Culture et l’art sculptent ce qui ne meure pas.
Balla Ndao est un nouveau TER, c’est-à-dire « Tout En Rêve ! » Le Sénégal redonne toujours dans le monde sa place dans l’histoire de l’art ! Gloire à nos artistes disparus et dont le nom et les œuvres lèvent partout le drapeau Sénégalais ! Nous repensons, par ailleurs, aux deux tableaux de Picasso revendus à 27 millions d’euros, soit 17 milliards 721 millions de FCFA et au Vinci récemment découvert et vendu à plus de 450 millions de dollars, soit 250 milliards de FCFA. Voilà l’art replacé dans sa dignité et les artistes de tous bords dans leur droit au respect, au confort, à la reconnaissance.
Les Grands Prix du président de la République, ne devraient pas être en dessous de 100 millions de FCFA, soit 153 mille euros, soit 180 mille dollars Trump ! L’audace et la générosité existent! Il suffit d’en payer le prix. La politique ne s’en prive pas, pourquoi pas l’art ? L’art est défini comme « une activité humaine créatrice visant à produire des émotions, du plaisir, ou une représentation esthétique du réel. Il se distingue de la technique par sa finalité, souvent désintéressée, et repose sur un savoir-faire. L’art englobe diverses formes d’expression : l’architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la poésie, le spectacle vivant, le cinéma, la photographie et la bande dessinée. »
Balla Ndao est une belle fête de l’art ! Ne le quittons pas des yeux et du cœur. Dansons-le ! L’Europe déjà lui a battu le tam-tam. Que celui-ci ne fasse pas plus de bruit et de virtuosité que le nôtre, nous les Nègres « dont les pieds reprennent vigueur en frappant le sol dur »
Avril 2026.