Coco l’intraitable

Jérôme Aviron (1969-) – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE

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Penaud, sous la cage du perroquet
Qui s’obstine à rester muet,
Jour après jour, Jean-Luc s’échine à éveiller
En lui, quelque velléité à s’égosiller.

Et pourtant, l’animal
Aux couleurs chamarrées,
Persiste dans son mutisme infernal,
Drôle de volatile édulcoré.

Tout le monde s’attendrait
A trouver un gai bavard,
Et pourtant, on peut constater, comme c’est bizarre,
Qu’il reste sourd à nos appels, qui lui en voudrait ?

En plein Dakar, suspendu
Tel un trapéziste au-dessus de la cour,
Coco regarde les nuages, éperdu
De liberté, pris de court.

Son sort est de surplomber
La belle famille d’Aristide
Et de Patricia, courbé
Sur sa réserve d’eau, insipide.

Au lointain, ses congénères
Respirent à satiété
Le bonheur de vivre libres, sans barreaux, hébétés
Par l’univers carcéral de leur coreligionnaire.

Alors, à quoi bon se dépatouiller
Pour faire souvent rire les petits,
Qui se moquent de l’oiseau, dépouillé
D’attraits pittoresques, sans appétit ?

En attendant que l’un des plus jeunes lui
Ouvre sa porte,
Il se conduit
Comme un mal élevé que l’on supporte.

Obstiné, Coco ne dit mot,
Et endure son lot
De solitude, bien falot
Devant ses tristes maux

A Dakar, le 27 mars 2016

Tous droits réservés, sauf accord de l’auteur

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