La chanson de l’oiseau qui pleure

Fatou Yelly Faye (1957-) – Partenaire d’AFROpoésie – SÉNÉGAL

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Désarroi   »Tumuranké »
Parce que leurs ombres
Leur faisaient ombrage
Ils ont coupé mes arbres
Mes « nébedaay »,
Moringa olifera
Qui nous nourrissaient de leurs feuilles
Nebedaay où nous reposions
Nebedaay  nos refuges
Après avoir volé
Survolé longtemps le ciel de Dakar
Voltigé sur les toits 
Où le soleil au top 
Où la chaleur sur les toits 
Brûle nos pieds sur les chaumes
Ils ont coupé nos arbres
Et nous virevoltons voltigeons 
Orphelins tristes
Esseulés désemparés
Où trouver d’autres arbres
Nous qui nous nourrissions de leurs feuilles 
De leurs fleurs
Homme
Eternel égoïste
Qui pense que le monde t’appartient
A toi seul
Tu peux faire de la nature 
Ce que bon te semble
Agir à ta guise
Je vais au ciel me plaindre 
Auprès du Tout-Puissant.
Je survolerai les nuages
Dans la tourmente
Et le désarroi
Afin de trouver un seul arbre un logis
Qu’ils me laisseront exprès
Là j’irai nicher sans peur 
Sans tourment sans effroi
Hélas rien
Parce qu’ils ont coupé les arbres
Sans penser
En oubliant que cette terre nous appartient à tous 
Parce que tout simplement
Les feuilles mortes en tombant salissent leurs parterres
Parce que les arbres amènent les moustiques
Comme s’il ne fallait pas de tout pour faire un monde
Et pourtant  parfois leurs paroles font plus mal  que la piqûre des moustiques
Ils ont coupé les arbres 
Oubliant que chaque jour 
Ils oxygénaient notre espace
Aéraient l’air ambiant
Chassaient le gaz carbonique 
Filtraient l’odeur des voitures
Eternel égoïste 
Qui ne pense qu’à son mieux être 
Homme 
Chaque jour qui passe 
Tu me déçois encore plus
Chaque jour qui passe m’éloigne de toi
Ils ont coupé les arbres et nous plongent 
Dans le désarroi 
Le dénouement total
M’entendant crier 
Ils disent que je chante 
Hélas je ne chante pas
Je piaille et pleure de désespoir
D’inquiétude 
De dégoût et désarroi
Sur toi petit humain
Égoïste invétéré 
Ils ont coupé nos arbres
Parce que c’était le 4 avril
Ils devaient fêter leur indépendance
En me plongeant dans la démence.
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Poème pour l’environnement et un développement durable
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