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Le prière d’Adam

Poème de Léon Dierx (1838-1912)– FRANCE (La Réunion)

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Songe horrible ! ― la foule innombrable des âmes
M’entourait. Immobile et muet, devant nous,
Beau comme un dieu, mais triste et pliant les genoux,
L’ancêtre restait loin des hommes et des femmes.

Et le rayonnement de sa mâle beauté,
Sa force, son orgueil, son remords, tout son être,
Forme du premier rêve où s’admira son maître,
S’illuminait du sceau de la virginité.

Tous écoutaient, penchés sur les espaces blêmes,
Monter du plus lointain de l’abîme des cieux
L’inextinguible écho des vivants vers les dieux,
Les rires fous, les cris de rage et les blasphèmes.

Et plus triste toujours, Adam, seul, prosterné,
Priait ; et sa poitrine était rougie encore,
Chaque fois qu’éclatait dans la brume sonore
Ces mots sans trêve : « Adam, un nouvel homme est né ! »

― « Seigneur ! Murmurait-il, qu’il est long, ce supplice !
Mes fils ont bien assez pullulé sous ta loi.
N’entendrai-je jamais la nuit crier vers moi :
« Le dernier homme est mort ! Et que tout s’accomplisse ! »

 

In Les Lèvres closes

 

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