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Destin brisé (IV)

Poème de Rodrigue Hounsounou (1986-) – Partenaire d’AFROpoésie – BÉNIN

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Pour lire Destin brisé (III), cliquez ici

 

Entre la maison familiale et les champs,

Il y a ce vieillard au regard méchant

Faisant du matin au crépuscule

Un va-et-vient presque machinal.

 

Lorsque vous le croisez, son physique

Vous pousse de façon systématique

A vouloir connaître son histoire

C’est un choc : sa vie, un masque noir.

 

Personnage plein d’humilité

C’était du moins ce côté

Plaisant et aimé de tous

Qu’il avait jusque-là montré avec malice

 

Toujours prêt à se sacrifier pour l’autre

Toujours prêt à montrer la voie tel un maître

Il avait tout donné à ses neveux, fiers

De lui pendant que son frère était grabataire

En restant à son chevet, affligé de douleur

Présent de jour comme de nuit en pleurs.

 

A présent, voyez-le sans âme

Peau émaciée et décatie par des phantasmes

Jambes et bras désossés par la mélancolie

Tête et visage terriblement amaigris

Il avait l’air d’un enfant apathique

Atteint du marasme ou du rachitisme chronique

 

Il aurait selon les racontars marabouté

Son frère cadet pour l’aliter

Et durant sa longue maladie répétée

Continué à l’empoisonner

Avec le rite quotidien qu’il venait

Lui apporter et se chargeait

Personnellement de lui faire boire

Jusqu’à ce que la mort l’emporte un soir.

 

Aussitôt après l’enterrement, sombre abîme

Où il pleura son frère à chaudes larmes

La femme et l’aîné sans soutien consolant

Moururent mystérieusement dans un accident

 

A nouveau il pleura toutes les larmes crues

De son corps. Une nuit de pluie drue

Il se cacha derrière la case du benjamin

De son frère. Gri-gri et piquet en main

Il voulait exterminer toute la famille

D’orgueil et d’argent, ses yeux pétillent

Hériter à lui seul des tas

De champs de leur père tué tel un appât.

 

Hélas ! La nature ne pardonne pas

Tout se paie chèrement ici-bas

Et la punition divine est sans pitié

Au moment d’enfoncer le piquet

Il fût foudroyer par l’éclair divin

Le retour de la pierre lancée de ses mains

Destin forcé, destin vendu au mal

Destin sacrifié inéluctablement au mal

 

Le lendemain matin on le découvrit fou

Gri-gris et amulettes accrochés à son cou

Contant dans le vide ou à qui le demande

Ses actes horribles, ses crimes immondes

Il erre dorénavant entre les champs

Et la maison paternelle l’âme et l’esprit au vent.

 

 

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