Non classé

Chant arabe

Poème de Joyce Mansour (1928-1986) – ÉGYPTE

Illustration:  La Nuit (1526-1531) de Michel-Ange, photographiée par Umberto Baldini

Sagrestia_nuova,_notte,_01

L’œil bascule dans la nuit au moment du trépas
Ô la blanche fulgurance folie des ailes qu’on ne connaît pas
Ouatées de silence elles frôlent le bras sur l’oreiller
Et ouvrent l’œil rond à la nuit de l’impalpable
Le froid tisseur de tubéreuse trépigne sur ma pupille
Je vois glisser la tenture mobile de l’horizon qui rutile
et qui s’agite

Telle une peau frémissante sur un corps qui se dérobe
La houle feutrée de mon abdomen se fige de peur démente
J’éternue mais je ne bouge pas
Et l’œil qui cloître mes rêves qui nage et qui clignote
L’œil envahit mes nuits
La nuit la nuit l’orage
L’œil éblouissant aux floraisons étranges
L’œil malade d’images.

 

http://www.poemes.co

Rapaces, Pierres Seghers éditeur, 1960

Catégories :Non classé

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s