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Inspirations

Poème d’Étienne Azéma (1778-1851) – LA RÉUNION (France)

Vue sur L’Entre-Deux.

Sur des sommets nouveaux allez, volez, poètes !
Du Pinde assez longtemps les antiques retraites
Des accords de la lyre ont répété le bruit.
Venez et préludez sous le ciel des tropiques,
Chantez et son azur et ses reflets magiques
Et sa brise et sa nuit.

Ici tout est parfum ; dans les champs, sur les grèves
Tout est mystère, amour, émotions ou rêves,
Et murmures d’en haut par les vents soupirés.
Les rochers ont des voix, les forêts ont une âme,
Et les soleils couchants des couronnes de flamme
Pour vos front inspirés.

Ici, planant au haut des montagnes sauvages,
Amante tout à tour des sablonneux rivages
Et des palmiers en butte aux fougueux ouragans,
La muse, aigle hardi, se pose sur les cimes,
Dans les rocs crevassés et près des noirs abîmes
Creusés par les volcans.

A vous ces pics géants que le brouillard assiège,
Dont le front resplendit de glaces et de neige,
Tandis qu’à leurs flancs verts la fleur brille en tout temps
A vous les cocotiers aux palmes rayonnantes,
Le palmiste élancé, les cascades brillantes
Et l’éternel printemps.

Au bruit de l’Océan mêlez votre harmonie.
Son horizon sans bornes agrandit le génie.
Sur la face des eaux marche l’esprit de Dieu.
Chantez, soit que la mer jette un son monotone,
Soit que dans la tourmente elle écume et bouillonne
Sous un ciel tout en feu.

Escaladez les monts dont les sombres entrailles
Rendent des bruits pareils au canon des batailles,
Quand mugit oppressé l’effroyable Géant,
Allez, trempez vos vers, abreuvez vos pensées
Dans les laves de feu qui roulent élancées
De l’abîme béante.

Avez-vous parcouru ces mornes volcaniques,
Que n’abritent jamais les bois mélancoliques,
Et franchi les hauteurs de leur pic solennel ?
Vous entendez des bruits et des voix inconnues,
Mystérieux concerts des astres et des nues,
Soupirs tombés du ciel.

Peignez-nous l’Ouragan, lugubre météore,
Lorsque troublant les airs de sa clameur sonore
Il s’abat dans son vol sur les toits écrasés,
Roule du haut des monts les forêts qu’il enlève,
Bouleverse les mers et lance sur la grève
Les navires brisés.

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