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Les genres poétiques de l’oralité africaine selon Jean Dérive

Jean Dérive est un professeur émérite de l’Université de Savoie et membre du laboratoire « Langages, langues et cultures d’Afrique Noire » au CNRS.

Collection de François-Edmond Fortier (début du XXe siècle)

La poésie héroïque :

Elle se rencontre surtout dans les sociétés traditionnellement organisées politiquement et fortement hiérarchisées, comme les vastes empires ou royaumes du Bénin, du Ghana, du Mali, du Nigeria, etc. « La plupart des récits à caractère épique se présentent sous forme de poèmes en ce sens qu’ils sont récités comme des séquences qui découpent l’énoncé en unités prosodiques remarquables. »
Ce genre ne s’est pas développé au Togo qui n’a pas connu de grandes dynasties.

La poésie panégyrique :

Elle est une poésie de louange. Une forme de poésie noble dont les destinataires ne sont pas toujours explicitement nommés et qui de ce fait emprunte un langage d’allusions, de périphrases, de métaphores, etc. Les griots entreraient dans cette catégorie. « En milieu kabyè, le griot est inséparable de son instrument de musique le cimvy à qui il doit son nom de Cimvydu, propriétaire de cimvy ».

La poésie satirique :

Elle utilise des procédés similaires pour épingler des comportements, égratigner des personnalités, avec une adresse et une finesse qui révèlent un travail de maîtrise et de ciselage de la langue. Il est important de mesurer le ton, de contourner les angles, pour ne pas rompre le lien qui est vital dans la vie sociale.

La poésie bucolique et pastorale :

Elle s’inspire des travaux champêtres et de la vie rurale. Elle s’est développée dans les milieux moba du Nord Togo où les bergers s’accompagnent de la musique légère, prenante et mélancolique de leur flûte.


La poésie lyrique :

Elle rend l’atmosphère et les sentiments qu’inspirent les moments de fête, les rites, les cérémonies. Dans la littérature comme dans la vie, il y a une extrême pudeur, une réticence profonde à livrer ce qui jaillit de soi. On se sent peut-être plus en sécurité sous le couvert des sentiments communs. D’ailleurs, la singularité au mieux dérange. Cela explique sans doute la place et le traitement de certains thèmes comme l’amour dans la littérature togolaise. Per Wagster constate : « Bien sûr l’amour est présent en Afrique, mais sa priorité comme thème en Afrique est faible »

La poésie didactique :

Elle met souvent en scène des animaux qui dans l’imagerie populaire incarnent des exemples à suivre, des comportements à bannir. « Dans les contes par exemple, le bien et le mal ne sont pas formulés en principes abstraits ; ils se déduisent au contraire des faits de la vie quotidienne »
Le lièvre, l’astucieux, le débrouillard et l’araignée l’orgueilleuse, la venimeuse, sont des personnages clés de cette littérature.

La poésie sacrée, initiatique ou religieuse :


Selon Jean Dérive, « toute prière n’est certes pas nécessairement poème, mais les études qui ont été consacrées à la plupart de celles qui sont produites dans le cadre de la tradition orale africaine ont mis en évidence la présence d’un travail poétique sur le texte. »
Par exemple, les rites d’initiation Evala en milieu kabyè du Nord Togo s’accompagnent de chants poétiques rythmés au son de castagnettes et de cornes d’animaux.

http://www.unesco.org/

Etude sur la poésie, la tradition et la littérature au Togo, p.19 et 20, Ketline Adodo, juin 2001

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