« Ce peuple » d’Anthony Lespès

Poème d’Anthony Lespès (1907-1978) – HAÏTI

Carnaval de Jacmel en 2014.  https://www.flickr.com/photos/hopeart/13942184003/CC BY 2.0

C’est un pays sans rouge et fard,
un pays tout noir,
et on ne peut être plus simple que ces gens-là,
ces gens, je les appelle, ne t’en déplaise,
on ne peut être plus vrai.

Il y avait de tout sur le chemin,
leur chemin menant nulle part,
et c’était toujours la même histoire,
la même si connue de leur « pauvre hère » :
à force de charité sa main n’était plus sienne.

J’ai pénétré dans leur sanctuaire
tout rempli de vieilles images.
Ils vivaient avec les dieux,
les anges et tous les saints.
Mais le miracle, c’était toujours
pour la semaine des quat’jeudis,
et, dans leurs contes à eux,
les fleurs ne parlaient pas.

… Ce soir comme tant de soirs
Elle avait des yeux d’amande
et une bouche de tous les sorts,
son sourire dérivait au fil de l’amertume,
pas de gué et pas de passe,
de passe, en connais-tu, par chance
Et si son amour vaut bien deux gourdes,
alors les seins peuvent bouger
sous le poids de ses mystères.

Elle regardait au loin
ne regardait rien.
Et quand je l’eus prise par la main,
sa main paresseuse de lendemains,
elle ne put dire si c’était un songe
ou un mensonge,
car, des ses yeux à elle,
le ciel n’était pas bleu.


Poème emprunté au site http://www.matierevolution.fr

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