Embrasse-moi ta nuit

Combilé Djikine dite Noks (1992-) – Partenaire d’AFROpoésie – FRANCE/MALI

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Tout est embrassement

L’encens qui poudre l’air, avec délicatesse,

L’encens qui cendre ta nuit,

L’encens qui sent, et exhume ton sens

À sa flamme sacrée.

Tout est embrasement aux orifices rouges :

Une béance ouverte au secret de la lèvre,

Une peau qui palpite, une mèche qui tressaille

Vers les rebords enlacés : un regard luit,

Transpire, et pèle son orbite

Et tourbillonne ainsi, poussant l’avidité !

 

Les mains se décentrent

Tâtonnant plus loin, après leur origine

Leur agrume de veines

Aux pulpes des rencontres…

Une étreinte de chair

Une écorce sanglante

Aux bougies enfumées qui tressautent, la nuit.

 

26.11.2016

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Une réflexion sur “Embrasse-moi ta nuit

  1. J’aime bien mettre cet exergue à mes commentaires, pour moins étonner mes auteur(e)s préféré(e)s et, surtout, pour les mettre à l’abri de mon vampirisme rêveur, qu’il(le)s aiment ou détestent, libres à eux(elles) de se manifester.
    « J’ai une sale habitude de lecture, celle qui lit avec une attention flottante.
    Attentive quoique flottante, flottante quoique bien attentive, cette lecture à nulle autre comparable, me met à l’abri de l’auteur(e), de ce qu’il (le) veut dire et, du coup, à l’abri du texte qu’alors je peux vraiment lire. Je l’appelle aussi bien une lecture récréative, merveilleusement apéritive, les yeux braqués sur le corps verbal du texte et l’esprit ailleurs. Les auteurs en général ne supportent pas ce phénomène où ils deviennent des figurants ou des personnages secondaires, des prétextes malgré eux. Leurs textes passent à la moulinette d’une métaphore où ils font figure de gros grains d’un café à moudre, d’une farine bien moulue qui reste à tamiser : je suis un meunier-vampire qui cherche en tout une fine fleur fictive à cueillir, un sang imaginaire à sucer, boire, boire jusqu’à l’ivresse du langage qui, ne pouvant plus se contenir, se met à conter, raconter des histoires là où, au départ, un(e) auteur voulait donner quelque chose à lire, à partager… Sauf que, par une fidélité inattendue, je le(la) prend au mot, avec mes dix doigts et plus encore, poignets, coudes, tous mes cheveux, le clignement des yeux, ma respiration et j’en passe. Partage fulgurant, difficile à considérer comme un commentaire à proposer aux collègues poètes de ce site ou d’autres. Il y va d’une incorporation des auteur(e)s par le lecteur que je suis. Peut-on mieux lire et rendre un hommage d’autant plus sincère que créatif à un texte poétique, à son auteur(e) à qui je reprends la plume en passant de lecteur à auteur, en somme, m’autoriser ?»

    Aimé par 1 personne

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