Initiation à la poésie iranienne – partie II (proposée par Monia Boulila)

Monia Boulila (1961-) – Partenaire d’AFROpoésie – TUNISIE

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9

 

T’as appris mon regard

Ne cherche plus ma douleur

On l’a déjà tracée

Apprends de mes nouvelles chez les moineaux

Je portais un regard de moineau

 

10

 

Depuis des nuits

Au lieu de toi au lit

S’endort l’uranium enrichi

Je l’embrasse

Une fumée blanche croissant comme champignon remporte toute la ville

Penser à toi

C’est plus dur que le cauchemar nucléaire

 

11

 

Messager de la Grèce

De quels dieux es-tu messager ?

N’as-tu jamais pensé à la Grèce ?

N’y étaient

Sophocle, Achille, Aristote

Tu aimais être en Grèce

As-tu des nouvelles des Grecs ?

Même si la Grèce chute

Tu y seras toujours

Le messager de la Grèce

N’aurait pas besoin de miracle

Il lui suffirait de poésie pour le peuple

 

12

 

Toutes les options sur la table

La peinture du matin sur tes paroles

Courir pendant ton absence

On arrive à une phrase qui ressemble à deux mains, à deux lèvres

Toi tu déverses le silence dans le verre et

Moi je bois l’imagination de t’avoir

 

13

 

En m’allongeant sur le lit

Les infirmiers arrivent

Les nuages aussi

Partout on entend les chutes

Les infirmiers étant partis

Je suis resté toute seule

Là où tout sentait le Nord

Tout fut frais et humide

 

14

 

Vers toi

Je marche sur les lettres mortes

Dans l’espoir d’entendre un mot dire : Ah !

Même avec le mot blessé

On peut se promener avec toi

 

15

 

Avec la fumée de ta cigarette

Avec la dernière bouffée

Je m’en vais

Encore une autre cigarette

Tu m’allumes

Tu me quittes

Tu tousses par la bouche

 

16

 

Ton refus de venir

A l’air de pleurer

Je déploie le parapluie sur tous tes souvenirs

Que j’ai écrit avec du sang

Je tarde à me rendre compte

Que tu as attaché le parapluie à une balle

 

17

 

La mort est un texte

Il faut y insérer des phrases

Si seulement

Je pouvais t’écrire aussi

 

18

 

Je me tords

Dans la fumée de la cigarette que tu as allumée

La dernière bouffée

De la cigarette ne laisse qu’un mégot

De moi, rien

 

19

 

La fenêtre

Me rappelle le sourire du mur

J’expérimente le vol tout seul avec le crayon

La fenêtre

Est le début du vol

 

20

 

Le vent ne nous remportera pas

Je me sens lourd

Froid

Désabusé

Des mousses sur nos vêtements

On ne comprend que où se trouve le Nord

Cette couleur verte sur mon vêtement

Ne parle pas de la vie

Prenez le corps fossilisé des pissenlits aux musées

Le vent ne nous rempotera pas

 

 

Poème de SânâzDâvoudzâdéfar

Extrait de Je piétine sur les lettres mortes

Traduit par Kianouche Amiri

 

 

 

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